Mon premier souvenir est en noir et blanc, ressemble étrangement à ce film des frères lumières. L’arrivée du train dans la gare est toujours un moment monochrome. La couleur ne vient qu’un moment plus tard, lorsqu’elle descend, lorsqu’elle apparait, dans sa robe rouge, les cheveux au vent. Il y a aussi ces odeurs : poussière, charbon, cuir des valises, sueur des passagers, sentiments de déchirures et de retrouvailles.
Sa robe était noire, sa peau blanche et malgré la couleur ambiante, je l’aimais en sépia. Mon souvenir n’est plus aussi clair qu’il ne l’était, ce n’est plus tout à fait la même chose. Il ya quelque chose qui s’est perdu avec le temps, maintenant ce n’est plus que réminiscences et doutes sur l’exactitude. Par exemple, je ne me souviens plus si elle avait une valise. L’a-t-elle laissée tomber pour me sauter au cou? Voyageait-elle léger? Ce n’est qu’un détail, mais avec le temps je voudrais m’accrocher à une petite chose comme ça et n’y arrive plus. Il ne reste que les grandes lignes de ce qui était pourtant un beau moment.
J’aurais aimé qu’elle me saute au cou, j’aurais voulu la soulever de terre, j’aurais aimé l’embrasser et faire fi des autres passagers. Je ne sais plus ce que j’ai fait. Avec le recul j’arrive à me faire des scénarios, mais aucun n’est fidèle : la réalité est si belle.
Le train est arrivé, je l’attendais, j’ai regardé cette scène au ralenti, ou alors ma mémoire en a fait un moment cinématographique. Il me semble l’avoir vue descendre tranquillement les marches, regarder autour d’elle entre chacune pour me trouver alors que je lui faisais face. Son visage était inquiet, sans doute, puis elle m’a vu et un sourire l’a illuminée. Le mien devait être miroir.
Elle avait une valise, oui, je m’en souviens. Une valise noire, je crois. Je m’en souviens parce qu’elle l’a abandonnée là, devant l’escalier et qu’une voyageuse a ragé en tentant de descendre à son tour. Nous avons ri, j’ai pris la valise et nous ai emmenés à l’écart. Nous nous sommes embrassés, le temps est devenu approximatif, pour un instant. Quelle heure était-il et surtout, avait-ce une importance quelconque?
Quelques effusions et larmes de joie plus tard, j’ai réussi à nous séparer, qu’un instant, juste pour faire le point, aller de l’avant. L’hôtel n’était qu’à quelques centaines de mètres. C’était un hôtel de gare, assez luxueux. J’avais réservé une petite chambre, la moins chère, parce que je me foutais de l’endroit, tout ce que je voulais, tout ce que nous désirions, c’était un lit.
Mais nous n’en étions pas encore là, il fallait attendre un peu, encore un peu. Je voulais la regarder, prendre mon temps. Le bar de l’hôtel était tout indiqué. J’ai calé la valise contre un mur, nous avons choisi une table en retrait et commandé deux verres de vin. Était-ce du vin? Sans doute pour elle, mais moi? Probablement bière ou whisky, mais ça n’a pas d’importance pour cette histoire.
Elle m’a raconté comment elle avait hâte de me voir, comment le voyage avait été une torture. En me parlant, elle croisait et décroisait les jambes, me laissant entrevoir ses cuisses par moment. Je lui ai raconté comment l’attente était inhumaine, comment son corps m’avait manqué. Nous avons bu et nous sommes rapprochés l’un de l’autre. Ma bouche trouvait le chemin de son oreille, ma main celui de sa cuisse. Tranquillement, sans préméditation, sans l’avoir cherché, je me suis retrouvé subtilement avec un doigt dans sa chatte, elle était trempée. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai été surpris. Surpris qu’elle soit si excitée, surpris qu’elle ne porte pas de sous-vêtements, surpris qu’elle se laisse faire.
J’ai réglé nos consommations, prit la valise et sans attendre qu’elle me suive suis parti vers les ascenseurs. Elle m’a rejoint alors que les portes s’ouvraient pour laisser passer un vieux couple, blasé par trop d’années de compromis, de mauvaises baises, d’infidélités, ou peut-être pas, peut-être heureux. Nous nous sommes engouffrés dans la cabine et dès que les portes se sont fermées elle m’a poussé contre le mur et mis la main sur la queue. Celle-ci lui rendait déjà hommage, n’attendait que ça.
Il n’y avait que quelques étages à monter et nous avons été surpris par la porte qui s’est ouverte sur un employé de l’hôtel qui n’a pas semblé surpris qu’elle ait la main, désormais, dans mon pantalon. Sourires échangés, amusés pour sa part, gênés pour la nôtre. Le corridor devant nous était interminable, notre chambre toute au fond.
La chronologie de ce qui s’est passé, une fois la porte refermée derrière nous, est floue. Je risque de faire un récit inexact, mais le résultat est le même.
Il me semble qu’elle a relevé sa robe, s’est penchée sur le lit et que je l’ai enfilée, comme ça, sans autre préliminaire, mais il se peut qu’elle m’ait balancé sur le lit avant de me chevaucher. Je sais que j’ai joui rapidement, en elle, et que nous étions encore habillés. Nous nous sommes séparés et elle s’est empressée de retirer sa robe afin qu’elle ne soit pas pleine de foutre. Je me suis dévêtu aussi, question d’être d’égal à égal.
Nous nous sommes donc retrouvés nus dans une chambre d’hôtel, côte à côte sur le lit, après quelques minutes seulement. Ça n’a pas duré longtemps. Nous n’avions rien à nous dire, ce n’était plus le moment, il n’y avait qu’une chose à faire : recommencer.
Ayant joui et étant un homme, malgré l’excitation toujours intacte, mon érection n’était déjà plus ce qu’elle était un moment plus tôt. J’avais conservé une certaine fermeté, mais insuffisante pour une pénétration. Elle jouait nonchalamment avec mon sexe, sans réellement tenter de le raffermir, mais plutôt pour apprivoiser cette petite bête qu’elle aimait bien. Je lui ai mis un doigt sur le clitoris, elle s’est cambrée et m’a dit « tu crois que ça va se passer comme ça? Je me suis assez masturbée en pensant à toi, c’est pas toi qui vas le faire pour moi ». Elle s’est relevée, agenouillée et mon sexe a disparu dans sa gorge.
Dieu que j’aimais cette bouche qui me happait, me suçait, me léchait et me faisait tourner la tête. J’en fermais les yeux et oubliait de la regarder. Elle s’arrêtait, je la regardais de nouveau, écartait une mèche cachant son visage et c’était reparti, je redisparaissais entre ses lèvres. Au bout d’un moment, tout de même, me sentant inutile, je ne sais trop comment, j’ai réussi à changer les choses de position et à avoir sa chatte sous le nez. C’était doux, c’était bon, c’était surtout très salissant. J’en avais sur le nez, les joues, les lèvres et un fil de miel me coulait le long du menton et sur la poitrine. Elle mouillait, abondamment, très abondamment.
Elle a fini par en avoir assez de ce jeu, ou alors mon érection lui a paru suffisante, et a glissé son sexe bouillant sur ma poitrine, mon ventre, jusqu’à ma queue qui palpitait encore de l’exercice précédent. Cette fois, c’est d’autres lèvres qui m’ont happé.
Être en elle était différent, différent des autres femmes. Il y avait quelque chose dans sa chair qui la différenciait de toutes les autres que j’avais connues et devais connaitre par la suite. Elle me serrait et en même temps, était tellement lubrifiée que je glissais sans peine, allait cogner en elle et ne voulait plus en ressortir. J’aimais être immobile en elle et qu’elle ne bouge que le bassin afin de prendre son pied. Et elle le prenait, son pied.
Au bout d’un moment, elle s’est tournée – elle me présentait son dos depuis un instant en m’enfourchant - et m’a réintroduit en elle. Elle était chaude, très chaude. Mon sexe en elle était bouillant, son corps, lorsqu’elle le posait sur le mien, était couvert de transpiration. Nous étions mouillés.
Puis, j’ai senti la chaleur se répandre sur mon ventre, s’étendre sur mes couilles, mes cuisses. J’ai eu l’étrange sensation qu’elle se liquéfiait sur moi, qu’elle s’écoulait. Ce n’est pas moi qui ai compris ce qui arrivait, mais elle. Elle m’éjaculait dessus, abondamment.
Surprise, elle s’est relevée, debout sur le lit. De mon angle de vision, j’ai pu voir ses muscles vaginaux se contracter, battre une pulsation de plaisir, et voir une rigole s’écouler tranquillement sur sa cuisse, avec des petits coups de pression qui venait rendre ça complètement indécent. Ça me coulait dessus, sur la poitrine. Je me suis relevé et suis allé boire à la source. Quelques minutes plus tard, nos corps en étaient barbouillés, couverts.
Lorsque, deux ou trois heures plus tard, nous avons rendu les armes, repus, elle m’a dit qu’elle n’avait jamais vécu ça, que c’était la première fois. Pas moi, je l’avais vécu, quelques fois, et adorait. Elle ne savait pas si elle aimait ça, si elle était bien là-dedans, elle se sentait sale, souillée, comme pour toute première fois…
Je suis resté nu, debout, devant la porte alors qu’elle se lavait à la salle de bain, se refaisait une beauté. Elle me lançait de temps en temps un regard tendre, entre un rouge à lèvres et un coup de peigne. Je la trouvais belle, elle allait me manquer.
J’ai tenté de la retenir alors qu’elle passait la porte.
- Encore.
- Je ne peux pas, mon mari m’attend.
Sur ces paroles, la porte s’est refermée derrière elle. Je suis resté là, planté, debout, nu, dans cette chambre qui sentait le sexe. J’ai posé un œil sur le lit, les draps étaient trempés, gorgés de plaisir.
Je me suis assis dans un fauteuil, me suis allumé une cigarette et tranquillement me suis masturbé.
C'est excitant tout ça ! Mon membre viril me lance une invitation au plaisir... Comme c'est bon d'être un Homme ! A+
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