dimanche 21 février 2010

Coups de hanches


Depuis un moment déjà je ne voyais plus qu’elle. Si je venais à devoir m’absenter un moment, pour aller chercher un verre ou pour reprendre mon souffle, je la suivais du regard, pour ne pas la perdre. Elle souriait, dansait et souriait. De temps en temps, du revers de la main, elle replaçait une mèche de cheveux insolente venue cacher son regard.

Ce regard… il ne quittait mes yeux, alors qu’une de ses mains s’enfonçait dans ma nuque et l’autre dans la chair de mon dos. Elle ne souriait plus. Sur la piste de danse, nos corps soudés, mon érection contre ses fesses, nous faisions l’amour habillé devant une foule improbable.

Car il s’agissait bien de s’envoyer en l’air, virevolter, s’exciter. Sa bouche entrouverte et son souffle court étaient autant d’invitation à ma bouche, à un sexe, aux deux, peut-être…

La piste est devenue surchargée : charge émotive, charge sexuelle avaient attiré les autres qui demandaient leur part. Nous nous sommes éloignés, un moment.

Elle avait mal aux pieds. Je me suis penché, ai retiré délicatement ses talons en tentant de ne pas penser à la hauteur de ma tête, à cette envie de plonger sous la robe, bouffer sa chatte au travers des collants, des sous-vêtements, je pouvais presque en deviner le parfum. Elle était appuyée sur une table de billard et je n’avais qu’une envie, l’y étendre. Étendue sur le tapis vers, je l’imaginais… encore une histoire de boule et de queue…

Nous avons dansé là où il n’y avait pas de danseurs. Nous avons fait l’amour en retrait, sans que personne ne s’en doute. Ils étaient trop occupés à boire, se draguer. Pourquoi draguer lorsque l’on peut consommer en toute quiétude?

Puis, l’heure impitoyable est venue. Est-ce moi qui devais partir? Est-ce elle? Qu’importe, nous nous sommes retenus par le bras. Elle enfonçait ses ongles, j’enfonçais mes yeux, je m’enfonçais en elle et elle renversait la tête pour contempler les cieux alors que nous n’y étions pas encore.

Je l’ai enlevée. Je lui ai demandé de prendre son manteau et sans plus de précision, de me suivre dehors. Une ruelle, pas assez chic pour elle, une porte cochère, pas assez discret pour ses cris, finalement, c’est le sordide d’une chambre d’hôtel du centre-ville qui l’a emporté. Elle n’a rien dit, alors que je la faisais marcher, alors que nous entrions dans le lobby de l’hôtel, alors que je demandais une chambre, alors que je la menais à l’ascenseur.

Nous avons débouché sur un étage morne, au tapis trop court pour être confortable. Un couloir, un autre, puis une porte, une clé magnétique qui ne voulait rien savoir, sa main qui se pose sur la mienne pour me diriger, annonciatrice d’une bonne entente….

Nous sommes entrés, le silence était parfait. Elle a fermé les lumières, j’en ai rallumé une. Je voulais la voir. Elle s’est assise sur le lit, je suis venu par-derrière descendre la fermeture éclair, libérer immédiatement ses seins du carcan de dentelle, libérer une épaule, l’autre. Elle s’est relevée et c’est tout qui est tombé. Elle était là, dans ses bas. Je l’ai déshabillée, toute entière. Je voulais la caresser, la goûter sans perdre une parcelle de sa peau du regard. Je voulais pouvoir m’enfoncer la langue, les doigts, n’importe où, à tout moment.

C’est ce que j’ai fait.

Lorsque son corps s’est cambré, ses mains m’ont agrippé pour me tenir loin de sa chatte que ma langue explorait depuis un moment. Lorsqu’elle a retiré mes doigts d’où lui venait sa jouissance, je me suis étendu à ses côtés et l’ai regardée trembler, gémir par spasme.

Lorsqu’elle s’est arrêtée, s’est retournée vers moi, j’étais encore habillé.

Elle m’a embrassé.

C’était tout ce que je voulais.


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