dimanche 19 septembre 2010

Demandez et vous recevrez

L’idée m’est venue en regardant un vieux film : Flatliners. Je ne sais pas si vous vous en souvenez, c’était ce film où des étudiants en médecine se faisaient mourir pour voir l’après… sans importance. Dans ce film, un des gars filmait ses rencontres sexuelles. Je me suis dit : pourquoi pas?

J’avais déjà la caméra vidéo et l’avait déjà utilisée en caméra cachée, donc filmer mes ébats n’avait rien de compliqué techniquement. Moralement, c’était douteux, mais qui se soucie de la morale au 21e siècle?

J’ai donc installé ma caméra dissimulée dans une boîte à chaussure. Pas original, mais on n’a qu’à penser à La lettre volée de Poe. C’est dans l’évidence que l’on confond. J’ai branché la caméra pour qu’elle ne manque pas de batterie au mauvais moment et ensuite il ne me restait qu’à la partir avant de recevoir une femme.

L’occasion s’est présentée le lendemain : un booty call. La fille voulait être baisée et je n’avais rien d’autre de prévu, alors pourquoi pas? Elle a sonné à la porte et alors qu’elle montait les marches, j’ai été déclencher l’enregistrement.

La soirée s’est déroulée normalement : verres, conversations, teasing, baisers, puis les vêtements ont commencé à voler dans les airs. Seul problème : nous étions au salon. J’ai dû insister pour le confort de la chambre pour qu’elle m’y suive. À l’entendre, elle me voulait là, maintenant, dans sa bouche, sa chatte et son cul. Pour qu’elle ne se doute de rien, j’ai accepté pour sa bouche, mais rien de plus.

Le lendemain, je me suis assis devant l’ordinateur afin de regarder tout ça.

Désastreux, il n’y avait pas d’autre mot.

On y voyait une paire de fesses alors qu’elle me faisait une fellation. On y voyait mes fesses alors que je la baisais. On y voyait son dos alors qu’elle me chevauchait. On y voyait mon dos alors que j’éjaculais sur ses seins.

Rien d’intéressant, l’angle était mauvais. Je me suis promis de changer la position de la caméra pour la prochaine fois.

Et c’est moi, pour faire changement, qui a provoqué les choses. J’étais curieux de savoir si je pouvais faire mieux. La caméra était maintenant dans un meilleur angle, donnait sur le flanc du lit plutôt que son pied. L’installation était moins subtile, mais je comptais sur le moment pour qu’elle ne remarque pas.

Elle a sonné, j’ai déclenché la caméra et nous avons baisé.

Le lendemain, j’ai regardé. C’était mieux, mais encore monotone. J’ai donc décidé de louer deux caméras supplémentaires, pour couvrir tous les angles. Bien sûr, trois boîtes à chaussures et autant de câbles d’alimentation c’était moins subtil, mais je comptais sur mes talents d’amant pour distraire l’attention de ma maitresse.

Et j’ai eu raison, elle n’a rien vu.

Le lendemain, j’ai regardé le résultat. Trois vidéos monotones. Je me suis donc lancé dans le montage afin de donner un certain style à la chose. Deux jours plus tard, j’avais un excellent porno maison, mais personne à qui le faire voir.

J’étais déçu.

Je l’ai invité de nouveau, simplement pour la baiser. Je voulais me consoler et revenir à la base, ne pas m’en faire pour l’angle, pour l’ordre de succession des positions, pour la performance.

Elle est arrivée chez moi et je l’ai accueilli, comme toujours, avec un verre bien rempli. Nous avons bu, nous sommes embrassés et inévitablement, nous avons commencé à nous envoyer en l’air.

« Tu veux que l’on passe à la chambre? », elle m’a demandé en soufflant. Je lui ai pris la tête et l’air remis là où elle était, pour toute réponse. Elle me suçait et moi ne pouvait m’empêcher de penser aux vidéos pourris.

Et c’est là, alors que je passais de sa bouche à sa chatte, qu’elle m’a lancé « Pas de caméras cette fois? ».

Elle avait vu et accepté. Je n’en revenais pas. J’étais si interdit que mon érection s’est envolée. « Il ne faut pas t’en faire, j’ai bien aimé. Je peux voir? ». Demandé comme ça, comment pouvais-je refuser?

J’ai parti le DVD et nous nous sommes regardé baiser, sous trois angles. Nous nous branlions mutuellement durant l’exercice et, je dois l’avouer, étions assez excités.

« Tu sais ce qu’il manque? Une vue à la première personne… tu devrais aller chercher ta caméra ».

Pas plus con qu’un autre, je me suis exécuté.

Le meilleur porno de ma vie.

Et vous savez quoi? En fait, je n’aurais eu qu’à demander.

C’est con comme ça.

lundi 23 août 2010

Marilyn

Des trucs comme ça, ça ne s’invente pas. Vous aurez beau me dire tout ce que vous voudrez, même si ça n’avait pas été son nom, c’est comme ça que je l’aurais surnommée. De toute façon, c’est moi le client et le client est roi.

Elle est entrée chez moi sans un mot, elle m’a simplement tendu sa carte. Il n’y était écrit que son nom, son prénom en fait : « Marilyn ». Toute une marque de commerce, toute une promesse marketing si vous voulez mon avis. De quoi décourager ou décevoir plus d’un, mais pas moi.

Donc, elle m’a donné sa carte et je la contemple depuis. Pendant ce temps-là, mon pénis va et vient dans cette belle tête platine et c’est pas désagréable, pas du tout en fait. Combien d’hommes en ont rêvé? Pas moi, mais c’est un détail.

Marilyn, vous imaginez?

Tout y est, il ne manque qu’un ventilateur surpuissant pour que je puisse rêver de voir sa petite culotte. J’y pense… attendez. Non, c’est un string. Rose, évidemment. Robe blanche, string rose, lèvres écarlates (et écartées, selon), tête platine et tout ça n’est que pour ma queue congestionnée. Y’a de quoi se mettre à genoux et prier. Elle, elle a choisi d’être à genoux et de me sucer. C’est une introduction professionnelle tout ce qu’il y a de respectable, une pratique confessionnelle originale.

Je me demande déjà ce que je vais demander ensuite, ce que je vais lui faire ou me faire faire. Bien sûr, je suis comme tous les hommes et j’ai envie de la voir nue et de lui faire des trucs, mais sans les vêtements, le costume, quelque chose me dit qu’elle serait comme toutes les autres. Au tarif qu’elle charge, je ne veux pas me contenter de l’ordinaire.

Je pourrais lui demander de me souhaiter joyeux anniversaire, version « Monsieur le président, poo poo pi doo »… mais c’est pas superexcitant. Non, j’ai envie d’être sale, d’être un crotté, un pervers. Merde! C’est M A R I L Y N!

La chance d’une vie, le fantasme des cinéphiles, la première branlette (et la seconde) de deux ou trois générations et moi, ben moi je suis en train de me faire pomper solide par cette bouche en cœur. Les cheveux se soulèvent entre chaque aller-retour et pour peu je jurerais qu’une brise vient soulever la robe pour l’occasion.

Elle me suce toujours. Superdouée la Marilyn, mais j’aimerais quand même qu’on passe à autre chose, parce que le temps file et dans ce cas précis… le temps c’est de l’argent.

Ok, là c’est sérieux. Elle vient de me prendre totalement dans sa bouche/gorge. Et zut, c’était une finale. La voilà debout devant moi, s’essuyant (élégamment, je dois l’avouer) le tour de la bouche et me regardant avec un air concupiscent.

« Alors, on fait quoi mon beau? », elle me demande.

« Heu… t’as une suggestion? », je lui demande à mon tour, afin d’éviter de répondre.

« Une idée… », se contente-t-elle de répondre avant de ne pas être du tout original et se curer les amygdales avec un sexe (qui m’appartient) qui aurait peut-être aimé aller ailleurs.

Enfin, qui suis-je pour me plaindre? Marilyn me suce, très bien, et ça ne m’a coûté qu’une semaine de salaire. Elle s’arrête.

« Je peux enlever ma perruque? » qu’elle me demande « c’est que c’est chaud ».

Quoi? Une perruque? Et merde.

Du coup, je débande.

Devinez quoi? Elle ne m’a pas fait de réduction pour autant.


vendredi 2 avril 2010

Hôtel de gare


Mon premier souvenir est en noir et blanc, ressemble étrangement à ce film des frères lumières. L’arrivée du train dans la gare est toujours un moment monochrome. La couleur ne vient qu’un moment plus tard, lorsqu’elle descend, lorsqu’elle apparait, dans sa robe rouge, les cheveux au vent. Il y a aussi ces odeurs : poussière, charbon, cuir des valises, sueur des passagers, sentiments de déchirures et de retrouvailles.

Sa robe était noire, sa peau blanche et malgré la couleur ambiante, je l’aimais en sépia. Mon souvenir n’est plus aussi clair qu’il ne l’était, ce n’est plus tout à fait la même chose. Il ya quelque chose qui s’est perdu avec le temps, maintenant ce n’est plus que réminiscences et doutes sur l’exactitude. Par exemple, je ne me souviens plus si elle avait une valise. L’a-t-elle laissée tomber pour me sauter au cou? Voyageait-elle léger? Ce n’est qu’un détail, mais avec le temps je voudrais m’accrocher à une petite chose comme ça et n’y arrive plus. Il ne reste que les grandes lignes de ce qui était pourtant un beau moment.

J’aurais aimé qu’elle me saute au cou, j’aurais voulu la soulever de terre, j’aurais aimé l’embrasser et faire fi des autres passagers. Je ne sais plus ce que j’ai fait. Avec le recul j’arrive à me faire des scénarios, mais aucun n’est fidèle : la réalité est si belle.

Le train est arrivé, je l’attendais, j’ai regardé cette scène au ralenti, ou alors ma mémoire en a fait un moment cinématographique. Il me semble l’avoir vue descendre tranquillement les marches, regarder autour d’elle entre chacune pour me trouver alors que je lui faisais face. Son visage était inquiet, sans doute, puis elle m’a vu et un sourire l’a illuminée. Le mien devait être miroir.

Elle avait une valise, oui, je m’en souviens. Une valise noire, je crois. Je m’en souviens parce qu’elle l’a abandonnée là, devant l’escalier et qu’une voyageuse a ragé en tentant de descendre à son tour. Nous avons ri, j’ai pris la valise et nous ai emmenés à l’écart. Nous nous sommes embrassés, le temps est devenu approximatif, pour un instant. Quelle heure était-il et surtout, avait-ce une importance quelconque?

Quelques effusions et larmes de joie plus tard, j’ai réussi à nous séparer, qu’un instant, juste pour faire le point, aller de l’avant. L’hôtel n’était qu’à quelques centaines de mètres. C’était un hôtel de gare, assez luxueux. J’avais réservé une petite chambre, la moins chère, parce que je me foutais de l’endroit, tout ce que je voulais, tout ce que nous désirions, c’était un lit.

Mais nous n’en étions pas encore là, il fallait attendre un peu, encore un peu. Je voulais la regarder, prendre mon temps. Le bar de l’hôtel était tout indiqué. J’ai calé la valise contre un mur, nous avons choisi une table en retrait et commandé deux verres de vin. Était-ce du vin? Sans doute pour elle, mais moi? Probablement bière ou whisky, mais ça n’a pas d’importance pour cette histoire.

Elle m’a raconté comment elle avait hâte de me voir, comment le voyage avait été une torture. En me parlant, elle croisait et décroisait les jambes, me laissant entrevoir ses cuisses par moment. Je lui ai raconté comment l’attente était inhumaine, comment son corps m’avait manqué. Nous avons bu et nous sommes rapprochés l’un de l’autre. Ma bouche trouvait le chemin de son oreille, ma main celui de sa cuisse. Tranquillement, sans préméditation, sans l’avoir cherché, je me suis retrouvé subtilement avec un doigt dans sa chatte, elle était trempée. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai été surpris. Surpris qu’elle soit si excitée, surpris qu’elle ne porte pas de sous-vêtements, surpris qu’elle se laisse faire.

J’ai réglé nos consommations, prit la valise et sans attendre qu’elle me suive suis parti vers les ascenseurs. Elle m’a rejoint alors que les portes s’ouvraient pour laisser passer un vieux couple, blasé par trop d’années de compromis, de mauvaises baises, d’infidélités, ou peut-être pas, peut-être heureux. Nous nous sommes engouffrés dans la cabine et dès que les portes se sont fermées elle m’a poussé contre le mur et mis la main sur la queue. Celle-ci lui rendait déjà hommage, n’attendait que ça.

Il n’y avait que quelques étages à monter et nous avons été surpris par la porte qui s’est ouverte sur un employé de l’hôtel qui n’a pas semblé surpris qu’elle ait la main, désormais, dans mon pantalon. Sourires échangés, amusés pour sa part, gênés pour la nôtre. Le corridor devant nous était interminable, notre chambre toute au fond.

La chronologie de ce qui s’est passé, une fois la porte refermée derrière nous, est floue. Je risque de faire un récit inexact, mais le résultat est le même.

Il me semble qu’elle a relevé sa robe, s’est penchée sur le lit et que je l’ai enfilée, comme ça, sans autre préliminaire, mais il se peut qu’elle m’ait balancé sur le lit avant de me chevaucher. Je sais que j’ai joui rapidement, en elle, et que nous étions encore habillés. Nous nous sommes séparés et elle s’est empressée de retirer sa robe afin qu’elle ne soit pas pleine de foutre. Je me suis dévêtu aussi, question d’être d’égal à égal.

Nous nous sommes donc retrouvés nus dans une chambre d’hôtel, côte à côte sur le lit, après quelques minutes seulement. Ça n’a pas duré longtemps. Nous n’avions rien à nous dire, ce n’était plus le moment, il n’y avait qu’une chose à faire : recommencer.

Ayant joui et étant un homme, malgré l’excitation toujours intacte, mon érection n’était déjà plus ce qu’elle était un moment plus tôt. J’avais conservé une certaine fermeté, mais insuffisante pour une pénétration. Elle jouait nonchalamment avec mon sexe, sans réellement tenter de le raffermir, mais plutôt pour apprivoiser cette petite bête qu’elle aimait bien. Je lui ai mis un doigt sur le clitoris, elle s’est cambrée et m’a dit « tu crois que ça va se passer comme ça? Je me suis assez masturbée en pensant à toi, c’est pas toi qui vas le faire pour moi ». Elle s’est relevée, agenouillée et mon sexe a disparu dans sa gorge.

Dieu que j’aimais cette bouche qui me happait, me suçait, me léchait et me faisait tourner la tête. J’en fermais les yeux et oubliait de la regarder. Elle s’arrêtait, je la regardais de nouveau, écartait une mèche cachant son visage et c’était reparti, je redisparaissais entre ses lèvres. Au bout d’un moment, tout de même, me sentant inutile, je ne sais trop comment, j’ai réussi à changer les choses de position et à avoir sa chatte sous le nez. C’était doux, c’était bon, c’était surtout très salissant. J’en avais sur le nez, les joues, les lèvres et un fil de miel me coulait le long du menton et sur la poitrine. Elle mouillait, abondamment, très abondamment.

Elle a fini par en avoir assez de ce jeu, ou alors mon érection lui a paru suffisante, et a glissé son sexe bouillant sur ma poitrine, mon ventre, jusqu’à ma queue qui palpitait encore de l’exercice précédent. Cette fois, c’est d’autres lèvres qui m’ont happé.

Être en elle était différent, différent des autres femmes. Il y avait quelque chose dans sa chair qui la différenciait de toutes les autres que j’avais connues et devais connaitre par la suite. Elle me serrait et en même temps, était tellement lubrifiée que je glissais sans peine, allait cogner en elle et ne voulait plus en ressortir. J’aimais être immobile en elle et qu’elle ne bouge que le bassin afin de prendre son pied. Et elle le prenait, son pied.

Au bout d’un moment, elle s’est tournée – elle me présentait son dos depuis un instant en m’enfourchant - et m’a réintroduit en elle. Elle était chaude, très chaude. Mon sexe en elle était bouillant, son corps, lorsqu’elle le posait sur le mien, était couvert de transpiration. Nous étions mouillés.

Puis, j’ai senti la chaleur se répandre sur mon ventre, s’étendre sur mes couilles, mes cuisses. J’ai eu l’étrange sensation qu’elle se liquéfiait sur moi, qu’elle s’écoulait. Ce n’est pas moi qui ai compris ce qui arrivait, mais elle. Elle m’éjaculait dessus, abondamment.

Surprise, elle s’est relevée, debout sur le lit. De mon angle de vision, j’ai pu voir ses muscles vaginaux se contracter, battre une pulsation de plaisir, et voir une rigole s’écouler tranquillement sur sa cuisse, avec des petits coups de pression qui venait rendre ça complètement indécent. Ça me coulait dessus, sur la poitrine. Je me suis relevé et suis allé boire à la source. Quelques minutes plus tard, nos corps en étaient barbouillés, couverts.

Lorsque, deux ou trois heures plus tard, nous avons rendu les armes, repus, elle m’a dit qu’elle n’avait jamais vécu ça, que c’était la première fois. Pas moi, je l’avais vécu, quelques fois, et adorait. Elle ne savait pas si elle aimait ça, si elle était bien là-dedans, elle se sentait sale, souillée, comme pour toute première fois…

Je suis resté nu, debout, devant la porte alors qu’elle se lavait à la salle de bain, se refaisait une beauté. Elle me lançait de temps en temps un regard tendre, entre un rouge à lèvres et un coup de peigne. Je la trouvais belle, elle allait me manquer.

J’ai tenté de la retenir alors qu’elle passait la porte.

- Encore.
- Je ne peux pas, mon mari m’attend.

Sur ces paroles, la porte s’est refermée derrière elle. Je suis resté là, planté, debout, nu, dans cette chambre qui sentait le sexe. J’ai posé un œil sur le lit, les draps étaient trempés, gorgés de plaisir.

Je me suis assis dans un fauteuil, me suis allumé une cigarette et tranquillement me suis masturbé.

samedi 20 mars 2010

"Pas mal"



J’ai une érection naissante, mais ce n’est pas suffisant. Pas suffisant pour elle qui en veut encore. Il me semble que je devrais avoir droit à un répit, mais non. Ce que femme veut, Dieu le veut, mais il me semble qu’il aurait pu m’accorder un juste repos. Il s’est reposé au septième jour, j’aimerais pouvoir me passer de la quatrième fois, je ne suis pas Lui.

Est-ce vraiment la quatrième? Que puis-je compter?

Elle est arrivée quelques minutes d’avance, à peine une heure. J’étais encore en robe de chambre, sortais de la douche. Je comptais un peu sur son retard normal pour pouvoir me faire beau, me raser, ranger un peu mon appartement, chambrer le vin. Elle était en avance et avait fait exprès.

« Je n’ai pas pu résister, j’avais tellement envie de te voir », devait-elle me dire un peu plus tard, alors que j’essayais encore de retrouver mon souffle. Mais je ne suis pas rendu là.

Elle n’a pas voulu entendre raison, il n’était pas question que je m’habille. C’était du temps perdu, puisqu’elle comptait me déshabiller aussitôt. Devant une telle logique, je n’ai pas protesté lorsqu’elle a tiré sur la boucle de la frêle ceinture qui tenait en place les pans de ma tunique. De la voir j’étais déjà excité. D’être nu avec si peu sur le corps, vulnérable, m’excitait. Elle a regardé mon érection et ne m’a pas demandé la permission avant de se l’enfoncer exagérément dans la gorge.

Je ne la voyais plus, ou plutôt je ne voyais plus que ses cheveux. De temps en temps elle arrêtait sa gloutonnerie pour me licher les couilles et alors profitait de cet angle nouveau pour me regarder avec ses yeux mouillants. Mouillait-elle? Sans doute. Je n’allais pas tarder à le savoir.

Je n’ai pas joui sous l’exercice, ce qui l’a frustrée. Après quelques minutes elle m’a demandé si quelque chose clochait alors que je ne faisais en fait que profiter du moment. Avec une mine boudeuse, toujours sans me demander mon avis, elle a remonté sa jupe en se tournant contre le mur, découvrant ses fesses dépourvues de sous-vêtement et ses bas qui tenaient de justesse au haut de ses cuisses. Elle m’a pris en main, guidé, enfoncé. Sur le coup, parce que je n’ai pas fait une entrée en matière en plusieurs temps, elle a lâché un râle animal avant de se plaquer le visage contre le mur. Je la voyais donc de profil en la baisant.

Je la baisais. Il n’était pas question d’amour, mais de chair. Aucun sentiment, que l’envie. Elle froncé les sourcils et j’ai su qu’elle venait de jouir. J’ai joui en elle à mon tour.

Quelques secondes plus tard, aucun répit ai-je dit, elle guidait ma tête entre ses cuisses et ma langue s’activait dans un mélange de mon sperme et de sa lubrification abondante. J’en avais partout, sur le menton, les joues, le nez, les lèvres évidemment. Cette fois, je n’ai pas vu lorsque l’orgasme l’a prise, mais ses cuisses se sont refermées sur mon visage et j’ai su que je pouvais souffler quelques secondes.

Quelques secondes, sans plus.

En me prenant par la main, elle m’a entrainé jusqu’à la chambre, tout en se défaisant de quelques morceaux de vêtements, conservant ses bas, son bustier, voilà tout, si bien que projeté sur mon lit je pus la contempler dans toute sa splendeur au pied de celui-ci. J’allais y goûter, m’a-t-elle annoncé.

Avant de goûter à quoi que ce soit, j’avais encore le goût de sa chatte sur la langue, elle s’est mise dans l’idée de m’exciter, moi qui en avais tant besoin…

Toujours appuyée sur un mur, elle en faisait une habitude, elle a glissé une main entre ses cuisses et de l’autre sortit un sein de son bustier. Le tableau était étrange. Ce sein trop haut, comprimé à la base, en érection vers le ciel, sa bouche qui l’attrapait et le maintenait pointé, ces doigts qui prenaient la relève, et ce vas et vient constant, hypnotisant, qui la faisait trembler, soupirer, haleter, le tout était très beau et tout à fait pornographique. Crue, la chair est douce sous la dent. J’étais un barbare devant une scène tartare.

Elle s’est fait jouir. Cette femme pouvait jouir vingt fois en quelques heures sans problème, j’en avais fait l’expérience. Chaque jouissance appelait la prochaine et la rendait de plus en plus insatiable.

Elle s’est jetée sur moi. Bien entendu, le spectacle ne m’avait pas laissé froid, j’y avais regagné ce qu’elle voulait réellement. Elle ne s’est pas arrêté à faire dans la dentelle, d’une main ferme a guidé le bout de ma queue à l’entrée de sa chatte et s’est littéralement laissée tomber. J’ai été cogner au fond d’elle et sur le choc son corps s’est cambré avant d’entamer un rodéo bien orchestré.

J’ai joui, ça ne l’a pas arrêté, je me suis donc retrouvé dans l’obligation, après quelques coups de reins de sa part, de la déloger de son promontoire. Les sensations étaient trop fortes. Je n’en pouvais plus. Déjà, ma queue était délicieusement douloureuse.

C’est là qu’elle m’a dit qu’elle n’en pouvait plus d’attendre.

Mon esprit s’est mis à se mouvoir au-dessus des eaux, abondantes. Et la lumière fut. Les ténèbres nous empêchaient de nous voir dans cette chambre sombre et du coup, avec la clarté, il ne resta plus que des corps et des ombres. Il se trouve que mon corps l’intéressait. Elle m’a regardé avec des yeux gourmands et m’a dit que cette fois elle voulait que je jouisse dans sa bouche.

Je n’avais plus rien dans le ventre, plus rien à répondre, offrir, ça ne l’a pas arrêté. Mon manque de vigueur non plus, elle voulait, elle a eu.

Je me suis mis à regarder le plafond, en portant attention aux sensations. Elle était bonne et ça n’a pas été long avant que je lui rende hommage avec une fierté renouvelée. Je l’ai exaucée dans un long sanglot douloureux. Je n’en pouvais plus.

Je lui ai annoncé la fin. Elle a dit que c’était ok, si elle pouvait se satisfaire à mes côtés. Je l’ai donc regardée se masturber sans ménagement, avec curiosité. Normalement, ce genre de spectacle m’excitait, mais j’étais trop épuisé, vidé pour pouvoir l’apprécier à sa juste valeur.

Lorsqu’elle a joui, moment que je préfère entre tous, elle s’est tournée aussitôt vers moi, la main palpant ce qui devait l’être, évidemment. Déçue que je ne sois pas en forme de nouveau, elle est venue poser sa bouche sur mon oreille en se tortillant.

« Et mon cul, lui, t’excite? »

Elle s’est assise au-dessus de mon visage, écartant ses fesses du bout de ses doigts, y enfonçant ses ongles.

« Et mon cul, lui, t’excite? »

Pour toute réponse je me suis levé la tête pour attraper entre mes lèvres son clitoris gonflé d’orgueil. Pour toute réplique elle s’est laissé tomber le haut du corps pour m’attraper une couille. Je me suis mis à la laper, avec une langue large, partant de son clitoris jusqu’à son anus, en enfonçant ma langue dardée dans celui-ci et repartir du début à nouveau. C’était le soixante-neuf le plus étrange de ma vie. Je voyais en gros plan, sous l’effet de l’écartèlement, qu’elle maintenait toujours des mains sans relâcher sa succion sur mes couilles, sa rosace violacée palpiter sous le plaisir, alors que je souffrais des couilles.

J’ai une érection naissante, mais ce n’est pas suffisant. Pas suffisant pour elle qui en veut encore.

Ce n’est pas assez, il m’en faut plus. Je lui demande de se déchainer, juste pour voir à quoi ressemble sa folie, son maximum.

Elle hésite, pas longtemps, mais suffisamment pour savoir qu’elle se demande jusqu’où doit-elle pousser ses fantasmes, même ceux qui la dégoûtent elle-même. Elle a envie de voir jusqu’où elle peut aller, jusqu’où IL peut la pousser. Elle relâche son emprise sur ses globes lunaires, se relève d’un bras et commence à me masturber de l’autre tout en posant ses lèvres délicatement. Je bande.

Il se succède ensuite une sodomie sans lubrification, une fellation post-relation sexuelle annale, un coït rapide et intense, une nouvelle sodomie lubrifiée par un bref séjour aux chutes Victoria, un nouvelle pénétration vaginale, un doigt qui s’enfonce dans mon cul, deux, ma bouche qui lèche le sien, un soixante-neuf anal où nos langues se répondent suivi d’un soixante-neuf régulier, un missionnaire, une levrette, un nouveau missionnaire sodomite, la table de la cuisine, le divan du salon, retour à la chambre, debout contre le mur de face, de dos, une nouvelle fellation, une position étrange où elle est debout sur la tête face contre mur et que je lui prends le cul en contemplant la plante de ses pieds, une crampe qui m’oblige à me coucher, elle qui en profite pour dépasser le huit secondes de rodéo, moi qui reprends le contrôle et la fait rouler sur le dos, un tour entre ses seins, ma bouche sur ses seins alors qu’elle me masturbe et que je pratique la réciprocité, un espoir d’éjaculation faciale qui se solde en échec devant le vide intersidéral de mon éjaculation qui ne vient pas, un retour tendre entre ses cuisses et un dernier regard gêné au moment où merde! Nous jouissons en concert.

Nous roulons sur le côté. Je m’allume une cigarette, elle n’en veut pas. Elle va peut-être abuser de la mienne. Nous fumons dans le silence, épuisés. Elle prend la parole, me dit qu’elle n’a jamais fait ça, connu ça, imaginé ça, qu’elle rougit en y pensant. Puis, elle ressent le besoin de tout gâcher, de se rassurer.

« C’était extraordinaire, non? »

Et merde, pourquoi devait-elle demander?

dimanche 21 février 2010

Coups de hanches


Depuis un moment déjà je ne voyais plus qu’elle. Si je venais à devoir m’absenter un moment, pour aller chercher un verre ou pour reprendre mon souffle, je la suivais du regard, pour ne pas la perdre. Elle souriait, dansait et souriait. De temps en temps, du revers de la main, elle replaçait une mèche de cheveux insolente venue cacher son regard.

Ce regard… il ne quittait mes yeux, alors qu’une de ses mains s’enfonçait dans ma nuque et l’autre dans la chair de mon dos. Elle ne souriait plus. Sur la piste de danse, nos corps soudés, mon érection contre ses fesses, nous faisions l’amour habillé devant une foule improbable.

Car il s’agissait bien de s’envoyer en l’air, virevolter, s’exciter. Sa bouche entrouverte et son souffle court étaient autant d’invitation à ma bouche, à un sexe, aux deux, peut-être…

La piste est devenue surchargée : charge émotive, charge sexuelle avaient attiré les autres qui demandaient leur part. Nous nous sommes éloignés, un moment.

Elle avait mal aux pieds. Je me suis penché, ai retiré délicatement ses talons en tentant de ne pas penser à la hauteur de ma tête, à cette envie de plonger sous la robe, bouffer sa chatte au travers des collants, des sous-vêtements, je pouvais presque en deviner le parfum. Elle était appuyée sur une table de billard et je n’avais qu’une envie, l’y étendre. Étendue sur le tapis vers, je l’imaginais… encore une histoire de boule et de queue…

Nous avons dansé là où il n’y avait pas de danseurs. Nous avons fait l’amour en retrait, sans que personne ne s’en doute. Ils étaient trop occupés à boire, se draguer. Pourquoi draguer lorsque l’on peut consommer en toute quiétude?

Puis, l’heure impitoyable est venue. Est-ce moi qui devais partir? Est-ce elle? Qu’importe, nous nous sommes retenus par le bras. Elle enfonçait ses ongles, j’enfonçais mes yeux, je m’enfonçais en elle et elle renversait la tête pour contempler les cieux alors que nous n’y étions pas encore.

Je l’ai enlevée. Je lui ai demandé de prendre son manteau et sans plus de précision, de me suivre dehors. Une ruelle, pas assez chic pour elle, une porte cochère, pas assez discret pour ses cris, finalement, c’est le sordide d’une chambre d’hôtel du centre-ville qui l’a emporté. Elle n’a rien dit, alors que je la faisais marcher, alors que nous entrions dans le lobby de l’hôtel, alors que je demandais une chambre, alors que je la menais à l’ascenseur.

Nous avons débouché sur un étage morne, au tapis trop court pour être confortable. Un couloir, un autre, puis une porte, une clé magnétique qui ne voulait rien savoir, sa main qui se pose sur la mienne pour me diriger, annonciatrice d’une bonne entente….

Nous sommes entrés, le silence était parfait. Elle a fermé les lumières, j’en ai rallumé une. Je voulais la voir. Elle s’est assise sur le lit, je suis venu par-derrière descendre la fermeture éclair, libérer immédiatement ses seins du carcan de dentelle, libérer une épaule, l’autre. Elle s’est relevée et c’est tout qui est tombé. Elle était là, dans ses bas. Je l’ai déshabillée, toute entière. Je voulais la caresser, la goûter sans perdre une parcelle de sa peau du regard. Je voulais pouvoir m’enfoncer la langue, les doigts, n’importe où, à tout moment.

C’est ce que j’ai fait.

Lorsque son corps s’est cambré, ses mains m’ont agrippé pour me tenir loin de sa chatte que ma langue explorait depuis un moment. Lorsqu’elle a retiré mes doigts d’où lui venait sa jouissance, je me suis étendu à ses côtés et l’ai regardée trembler, gémir par spasme.

Lorsqu’elle s’est arrêtée, s’est retournée vers moi, j’étais encore habillé.

Elle m’a embrassé.

C’était tout ce que je voulais.