J'étais au bout du bureau, au bout du rouleau, tout m'exaspérait: mes patrons, mon boulot, mon salaire, mon appartement, la chaleur intenable, mes collègues...
Une d'entre elles s'est levée et m'a appelé en criant mon nom. Je voulais la faire taire et je n'avais pas de bâillon sous la main, alors je n'ai eu d'autre choix que d'aller à sa rencontre, en espérant que ce soit suffisant pour la réduire au silence.
Lorsque je suis arrivé, elle s'est penchée, comme une enfant qui a fait un mauvais tour et tente de se racheter en étant mignon. Elle se balançait d'avant en arrière, le sourire aux lèvres, les yeux brillants, les mains appuyées sur sa chaise, entre ses cuisses grandes ouvertes.
- J'ai rêvé de toi, elle m'a lancé.
- Est-ce que c'était...
- oh oui, c'était un rêve érotique, même TRÈS érotique. Je me suis levé tout Wouah! Et j'avais le ventre chaud, chaud, tellement chaud.
Ses mains avaient remonté jusqu'à son ventre, qu'elle caressait sensuellement comme pour illustrer l'étalement de la chaleur sur sa peau, un peu comme le font certaines filles lorsqu'on vient de leur remplir le nombril de sperme.
- Et c'était bien?
Et pour toute réponse elle a rougi, des joues jusqu'aux seins.
- Tu en doutes?
Je l'ai regardée et oui, j'ai eu un moment de doute. Un bref moment, le temps de plonger dans un décolleté qui n'était en fait qu'un immense tremplin, un trampoline, une falaise de laquelle on plongeait à sa perte. Un bref moment, quelques secondes au plus, le temps de m'apercevoir que sa robe d'été ne laissait pas de place à l'imagination, ou encore que ses lèvres entrouvertes, rouges comme des cerises bien mures, m'appelaient par mon prénom, ou plutôt me happaient comme un con.
- C'était comment? Torride?
- Au départ, tendre. Tu me faisais un massage, parce que j'avais mal au dos, puis nous faisions une sieste. Je me réveillais alors que tu m'embrassais les épaules, alors que tu descendais le long de mon dos, tout en caressant ma nuque de ta grande main. Tu descendais encore, me prenais une fesse entre les dents, je gémissais, j'en voulais encore. Tu m'a alors retourné, comme si je n'étais qu'un oreiller, toute légère et malléable. Tu es descendu entre mes cuisses, les as ouvertes en appuyant de tes mains sur mes genoux. Je résistais, pour la forme, puis tu plongeais. Ta langue était sublime, tes doigts n'étaient pas en reste.
- C'est détaillé comme rêve.
- Je n'ai pas arrêté d'y penser depuis mon réveil. Mais attends, ce n'est pas fini.
- Tu défaisais ton pantalon et me sortais ta queue. Une belle, grande, grosse, merveilleuse queue. Je n'ai pas pu résister, je l'ai prise dans ma bouche et je t'ai sucé et sucé encore. Tes mains agrippaient ma tête, la faisaient aller plus profondément, plus vite, plus lentement, comme tu le sentais. Quand tu en as eu assez, tu m'as fait mettre à genoux et tu m'as pris en levrette, sans retenue. Tu butais contre mon cul et ressortais et à chaque fois je retenais mon souffle, de peur que tu ne reviennes. Tu me baisais comme peu d'hommes savent le faire. Tu me baisais avec force, mais sans brutalité. J'ai joui et je crois bien que j'ai joui dans mon sommeil, ça m'a réveillé.
- Et moi, j'ai joui?
- Non.
- Dommage.
- On pourrait toujours s'arranger.
Je n'ai pas répondu. Je lui ai souri et j'ai relevé la tête. Elles étaient cinq ou six à écouter, la bouche ouverte, les yeux écarquillés. J'ai lancé "C'est SON rêve, moi je n'ai rien fait", mais je voyais bien dans leurs regards qu'elles allaient, elles aussi, en rêver le soir même.
Du coup, flatté, convaincu que j'allais au moins baiser en rêve ce soir-là avec plusieurs femmes, la vie m'a semblé moins moche.