mardi 14 juillet 2009

Qui sème l'orage récolte...

Elle me givre, me blesse, me tourmente et m’agresse.
Elle est possessive, tigresse, mon amante et ma faiblesse.
Elle me désarçonne, me libère, m’entraine et me tue
Elle est mignonne, sévère, une reine, une pu…

Je suis à sa merci, je ne la mérite, je tente l’émancipation, tâte du tison
Je suis raccourci, je l’évite, je fais attention, attend la trahison
Nous sommes un couple, sans aucun doute, le problème, la solution
Il faut être souple, coûte que coûte, quand bien même ne vient l’absolution

Elle est mon amante
Ma tourmente
Tente d’être silencieuse au bout du fil
Oublie de cesser de battre des cils
Du coup j’entends un cœur qui bas
Méprise d’un cœur béat
Traitrise de la foi
Aveugle comme il se doit
Et aussi anodin soit-il
Le geste peu subtil
Me confond et me perd
À l’amour comme à la guerre

Et pourtant je l'aime
On récolte ce que l'on sème

vendredi 3 juillet 2009

Sucker Mom



Elles arrivent haut perchées sur leurs talons aiguilles et leurs lingeries fines. Coiffées, maquillées, parfumées, elles s’assoient dans les gradins en prenant bien soin de ne pas froisser leurs jupes trop courtes, trop serrées, qui ne laissent que peu de place pour l’imagination. Elles applaudissent, sont enthousiastes, sans jamais perdre la tête, sans jamais montrer un mauvais jour.

Ils arrivent mâles, complets cravate, car ils reviennent du boulot, souliers vernis et langues bien pendues lorsqu’il s’agit de vilipender l’arbitre ou l’entraineur de l’équipe adverse. Ils sont armés du dernier cri de caméra vidéo et surtout de leurs appareils photo munis de canon énorme, symboles phalliques qui ne servent qu’accessoirement à croquer sur le vif leurs progénitures.

Les enfants jouent sur le terrain, se bousculent, se salissent, se donnent à fond pour impressionner les parents qui eux, de leur côté, tentent d’en mettre plein la vue aux autres spectateurs, autres parents en mal d’aventure ou de sport…

Bien entendu, il y a des parents en jeans, t-shirt, sans look et sans intention, mais ceux-là sont heureux en ménage et ne représente aucun intérêt.

Voilà qu’il pleut. La belle n’a pas d’ombrelle et se réfugie sous le parapluie bienveillant d’un père bien attentionné. Il fait froid, l’étoffe en fait foi et laisse poindre des pointes qui ne sont pas encore de désir, mais celui-ci ne saurait tarder. On se rapproche, pour éviter la pluie, pour couper le vent ou tout simplement parce qu’on en a envie. Paroles douces, démonstrations. Il se fait tendre, elle se fait forte. Elle engueule à son tour l’arbitre, il en rajoute, tout en soulignant d’un bon mot cette jolie force de caractère.

Il ne pleut plus, mais le parapluie reste ouvert, prétexte au rapprochement. Il passe un bras sur son dos, pour la réchauffer, elle dépose sa tête sur son épaule. Sur le terrain, l’innocence passe le temps. Des points sont marqués sur l’herbe et sur les gradins.

Il a une érection, ne s’en cache qu’à moitié, un peu gêné, elle est touchée et rigole, parce qu’elle est trempée et ce n’est pas à cause de la pluie. Elle a envie de lui, le prendrait là, maintenant, mais elle ne peut pas.

Il sort son cellulaire, elle y entre son numéro. La semaine prochaine, elle n’aura pas les enfants. Tiens, lui non plus. Elle lui tend son cellulaire, l’échange est complet.

Ce soir-là, les enfants couchés, elle ne peut résister et l’appelle. Justement, il pensait à elle. Il ne sait pas qu’elle a vidé la moitié d’une bouteille de vin et ne porte qu’une robe de chambre, ouverte largement pour qu’elle puisse glisser une main entre ses cuisses. Elle ne sait pas qu’il dit vrai : il tenait son sexe fermement en pensant à elle.

La semaine suivante, ils se voient, mais ne se parlent pas, ou peu. Ils n’ont envie que de leur corps. Ils se baisent, se lèchent, s’embrassent, se torturent, se pénètrent, glissent, mordent et recommencent. Le lendemain, ils répètent le manège. Puis, il ne répond pas. Passe un jour, puis un autre.

La semaine suivante…

Elles arrivent haut perchées sur leurs talons aiguilles et leurs lingeries fines. Ils sont armés de leurs appareils photos munis de canon énorme.

Il ne pleut pas, mais qu’importe, ce n’est qu’une chaise musicale.

Pour adultes.


jeudi 2 juillet 2009

Divagations

Vous savez, ça ne se passe jamais comme on voudrait, jamais. Ou même comme on le souhaiterait ou comme dans nos fantasmes ou comme dans une réalité alternative qui nous a été contée un soir où nous avions trop bu. Non, ça ne se passe jamais comme ça et faites-moi plaisir, oubliez le cinéma.

À l'approche de la trentaine, à son tournant, la sexualité n'a rien de normal, de romantique ou de chevaleresque, elle est tout simplement naturelle. Nous avons tant bouffé d'hormones par nos steaks et côtes levées que nous sommes devenus des bêtes, littéralement.

Je regarde autour de moi et si je fais abstraction du principe intrigant du couple, la sexualité est un produit commun, un lieu commun. Je veux dire : tout le monde baise et ceux qui ne baisent pas, en rêve. Quand on ne baise pas et on n'en rêve pas, c'est qu'on dort ou qu'on a la main dans le slip, homme ou femme.

Tout le monde se masturbe, les autres mentent.

Et merde, arrêtons de nous leurrer. Tu es femme, je suis homme et nous n'avons rien à foutre dans l'heure qui suit, alors allons-y, pétons-nous la fiole, défonçons la casserole et forniquons jusqu'à ce que nos cerveaux explosent. Nos cerveaux ou n'importe quoi. Pourquoi ce n'est jamais comme ça? Ou trop rarement?

Pitié, épargnez-moi les principes, les mots directeurs et les remords. Dieu est mort, Camus l'a annoncé il y a plus d'un demi-siècle, ne nous faites pas chier. Le condom, la pilule, le stérilet on depuis longtemps confirmé ce que tout le monde savait déjà : on veut baiser et ce n'est sûrement pas pour procréer, sinon on commencerait à seize ans et arrêterait à trente, le reste ne serait que perversion et passe-temps.

Attendez, c'est ça, on est des pervers, des cochons, des merdes lubriques. On est des bêtes assoiffées de mictions gluantes et odorantes. On se veut à quatre pattes, à six, à huit. On se veut là, maintenant, là dans contre le mur. Le lit, on en a fait le tour. Merde, mon "Queen size" ne fait jamais que 4800 pouces carrés, c'est ridicule, pourquoi on y retourne? Pour s'endormir après? Pour ne pas se massacrer les genoux dans l'herbe? Pour ne pas porter les stigmates de nos envies? Sûrement pas pour la vue. Et pourquoi les plafonds sont toujours aussi mornes?

Affichons nos cicatrices. Je rêve qu'une fille se déshabille et me dise "Cette coupure, c'était dans un entrepôt du quartier industriel, celle-là, c'était dans les toilettes de ce bar dont j'ai oublié le nom. Cette brûlure? Je n'aurais pas du fumer dans les toilettes du Continental, tout a cramé."

"Bend over i'll fuck the hell out of you!" à part dans les films pornos, qui parle comme ça?

Des filles m'ont conté: "Tu la sens bien hein?", "Dis-moi que je suis le meilleur", "N'est-ce pas la meilleure baise de ta vie", "T'as aimé ça, dis-moi". Pour qui ils se prennent ces inquiets de la bite? Pourquoi y'a jamais un mec qui m'a conté qu'un fille lui avait dit : "Tu sens comme je suis profonde", "Tu aimes ça, je suis bien serré autour de toi", "Oui, défonce-moi la cafetière". Ce n'est pas ça la sexualité. Les mecs sont tarés. Ils croient aux extraterrestres et qu'aucune femme ne simule. Détrompez-vous messieurs, elles le font toutes, c'est juste que certaines sont meilleures que d'autres à ce jeu.

Dans les bars, dans les clubs, dans les restaurants ou les cafés du Plateau, dans les soirées corporatives, dans les tours de verres du centre-ville, dans les bas-fonds de toutes les villes, dans les piqueries, les parcs et les ruelles, tout le monde s'envoie en l'air et les autres n'attendent que leur tour.

Je ne suis pas différent des autres. J'ai baissé mon froc et je ne me suis pas donné la peine de l'enlever. J'ai baisé avec mes souliers, j'ai baisé avec ma ceinture encore attachée. Des filles se sont mises à genoux alors que je ne demandais rien. Pourquoi d'ailleurs se mettent-elles à genoux? Pourquoi quand une femme veut me faire comprendre qu'elle a envie qu'on s'envoie en l'air elle commence toujours par ma braguette, pourquoi elle ne me laisse pas commencer par la sienne? Pourquoi sent-elle toujours le besoin de me satisfaire avant que je m'occupe d'elle? Pourquoi elles ne cherchent jamais à ce que je plonge sur leurs jupes gratuitement, comme ça, une petite vite dans une cage d'escalier? Pourquoi c'est toujours à moi de me laisser faire?

Pourquoi passé trente ans les femmes réalisent ce que les hommes réalisent à l'adolescence? Le sexe est bon pour le cœur, il fait oublier le monde entier pour un quart d'heure, une heure, une nuit ou si on est chanceux deux jours dans un spa luxueux suivi de bain de boue.

Le délire est bon pour l'esprit.

Fondamentalement, je suis voyeur. Je veux voir. Je ne veux pas toucher, goûter, pénétrer, je veux voir. Un décolleté est souvent meilleur que la baise qui suit. Les jambes qui se croisent et décroisent sous la jupe d'été sont trop souvent des promesses trop peu souvent tenues. Mais le regard ne trompe jamais. Sinon pourquoi tant de pornographie? Ce n'est sûrement pas parce que ça excite, voir une fille refaite se faire baiser par un mec déformé du zob n'a rien d'excitant, c'est être voyeur qui excite. On va au cinéma pour vivre des sensations par procuration, on regarde un porno pour baiser par procuration.

C'est pas normal de se retenir, y'a une raison pour l'attirance. C'est lorsqu'on se retient, qu'on attend, qu'on tente de justifier ses actes à venir derrière des sentiments fabriqués que tout dégringole et que la merde nous aveugle.

Ouvrez ce décolleté que de toute façon vous avez choisi pour dévoiler vos charmes. Ne faites pas l'indignée lorsqu'un regard s'y perd un instant. Et mesdames, ne soyez plus subtiles, regardez-le où vous voulez et rendez-lui la monnaie de sa pièce. Il reluque, reluquez. N'hésitez pas à lui demander de retirer son futal si la vue ne vous convient pas.

De toute façon ainsi est faite notre société : apparence, glamour, sensualité et sexualité exacerbée. Notre consommation est basée sur notre désir, les pros du marketing l'ont compris il y a longtemps. Ce que personne n'a compris, c'est qu'il faut aussi en profiter.

Je ne fais rien l'année prochaine, quelqu'un est intéressé?