lundi 27 avril 2009

Sentiments portefeuilles

Baiser pour survivre. Éjaculer pour oublier. Lui faire sentir la douleur du plaisir. D’un coup de rein lui enfoncer ma hargne, lui faire ravaler le manque. Jouir sans que ce soit bon, ou même libérateur. Me vider les couilles comme je me déverserais en paroles amères. La regarder jouir, crier son plaisir et assumer le mien.

J’en suis réduit à ces pensées. Songer, réfléchir, alors que je devrais perdre la tête. Enfoncer mes ongles par technique, non pas par la nécessitée de mon corps enflammé.

Elle est là, inerte, ruisselante de sueur et de sperme, le mien. Elle halète, moi je me mouche, comme je me suis mouché en elle. Je l’exècre. Chair faible, faible comme ma volonté. Que ne suis-je insensible à leurs besoins, à leurs appels de frissons? Que ne suis-je plus fort, inébranlable? Pourquoi m’attirent-elles dans ces bras qui me perdent, qui soulagent mon corps de façon éphémère et ruinent mon esprit pour de bon? Pourquoi cette vie? Vivre, mais pour quoi?

Elle va s’endormir, polluer ma nuit, perturber mon sommeil par sa présence excédentaire. Elle va me tromper dans ses songes, je n’existe déjà plus. Un orgasme, deux, voilà mon utilité. Je ne suis pas son prince charmant, je ne suis pas celui qui lui a passé cette bague au doigt, bague qui me rappelle mon rôle, éclatante de vérité sous un rayon de lune. Ce qui est triste, aussi, c’est que je suis le seul être de vérité; elle va se cacher cette nuit, ces frissons, à elle et à l’autre. On me prend, on m’oublie, c’est simple, commode et puis ça fait changement.

Allez savoir pourquoi, j’ai envie d’elle. J’ai envie de la défoncer, de lui dire que je vais lui faire mal. Mon agressivité se concentre en un point précis et de ce point je pointe son cul. La prendre de force, presque contre son gré. Mais je sais que tout ça ne sert à rien. Je ne le ferai pas, et même si; ces femmes qui viennent à moi n’ont peur de rien. Je pourrais la faire crier, la déchirer, la lier, lui foutre des baffes et elle trouverait encore moyen de me dire tendrement, sur un ton de confidence : « on ne m’avait jamais fait jouir comme ça… ».

Bien sûr qu’on ne leur a jamais fait ça. Elles ont des hommes qui les aiment, moi je les déteste. Elles n’aiment jamais que mon corps, mon cœur n’est jamais qu’un artifice gênant. J’en parle et elles balayent mes illusions d’un revers de la main, d’une fellation sournoise. Pour peu, je voudrais être impuissant.

Ne vous trompez pas, je ne suis pas un pervers particulier, simplement un amant consciencieux. Lorsqu’elles viennent à moi, elles n’avouent jamais leurs vices, je les devine.

Je la secoue, elle se réveille. Elle doit partir.

Elle se rhabille, encore endormie. Elle me regarde presque avec regret, maintenant qu’elle doit me payer.

vendredi 3 avril 2009

Mes sens interdits

Je prends ma femme en sens interdit
Je convole en noce injuste
Mes amours de nuit
Mes sentiments augustes
Et les autres, vous
Et vos morales dont je me fou

Je n’ai rien à revendre
Sinon mon corps à prendre
Et mes cernes à rabais
Mes états d’âme noire
Les mots qui m’ont fait
Élire, amant d’un soir

Je n’ai rien d’une société
Où l’on voudrait m’interdire
D’inclure le nombre dans l’amour
Où l’on voudrait me taire au grand jour
Que je ne puisse rien dire
Qui puisse vous choquer