C'est une irritation, un picotement au niveau de la vertu. C'est un désir qui sort de l'hibernation, c'est de la peau redécouverte, la joie de marcher sur la rue et la chaleur d'une ville qui s'en fou d'être grise. C'est le printemps.
Le printemps me fait toujours le même effet : mon désir augmente, ma vertu diminue. Je n'ai pas assez de yeux au printemps pour pouvoir contempler la moindre fleur, le moindre jupon, la moindre botte insolente. Je n'ai pas assez de mains pour toutes ces premières bières de terrasse. Une blonde, une brune et une autre bière : c'est ça la vie.
Et puis il y a le reste : la verdure, l'air pur, le plaisir d'être dehors, les festivals qui vont bientôt commencer, des tournages en plein air que je me promets, des matinées romantiques à la lueur d'un soleil qui se lève en s'échauffant un peu.
C'est le grand ménage, car il le faut, si je veux recevoir. Je vais refaire des partys, me coucher aux petites heures du matin, vivre à temps plein dans un état second (c'est pas le désir des indépendantistes ça? Vivre à temps plein dans un état second?), me trouver dans un corps que je maudirai vers midi et dormir jusqu'à plus soif, ou jusqu'au soir, ou jusqu'à la prochaine fête.
Le printemps, c'est l'annonce de l'été, l'amorce, le début de notre deuxième saison : la chaude, après la froide. C'est l'abandon du manteau, que l'on troque pour le style. C'est la disparition du pantalon féminin pour la jupe, la robe ou, encore mieux, la nudité, le costume de bain ou la lingerie qui s'offre aux regards.
La chasse est ouverte. Les femmes se font une joie de se faire belles pour déambuler nonchalamment dans les rues de ma ville, les hommes sont prêts et alerte pour les contempler. Le couple tangue, il hurle (pas le mien, en général) à la liberté et à la chair nouvelle. Bientôt, de nouveaux couples de chaleur se formeront, pour mourir avant l'automne. Des amours d'été. Un été où l'on ne lutte pas contre la chaleur alors que l'autre corps est trop brûlant, n'est pas un été digne de ce nom.
Les femmes ne cherchent plus l'homme idéal qui sera là alors qu'elle se les gèlent (quoi au juste) sous les vents d'hivers, celui qui écoutera avec elle tous les téléromans débiles, les téléréalités mochetons et les films païens pour jeune adolescente prépubaires. Les femmes cherchent l'aventure, la liberté, les vacances folles, les feux d'artifice sur un toit, l'ivresse tendre qui mène au baiser volé…
C'est le printemps et ça me démange.
Le printemps me fait toujours le même effet : mon désir augmente, ma vertu diminue. Je n'ai pas assez de yeux au printemps pour pouvoir contempler la moindre fleur, le moindre jupon, la moindre botte insolente. Je n'ai pas assez de mains pour toutes ces premières bières de terrasse. Une blonde, une brune et une autre bière : c'est ça la vie.
Et puis il y a le reste : la verdure, l'air pur, le plaisir d'être dehors, les festivals qui vont bientôt commencer, des tournages en plein air que je me promets, des matinées romantiques à la lueur d'un soleil qui se lève en s'échauffant un peu.
C'est le grand ménage, car il le faut, si je veux recevoir. Je vais refaire des partys, me coucher aux petites heures du matin, vivre à temps plein dans un état second (c'est pas le désir des indépendantistes ça? Vivre à temps plein dans un état second?), me trouver dans un corps que je maudirai vers midi et dormir jusqu'à plus soif, ou jusqu'au soir, ou jusqu'à la prochaine fête.
Le printemps, c'est l'annonce de l'été, l'amorce, le début de notre deuxième saison : la chaude, après la froide. C'est l'abandon du manteau, que l'on troque pour le style. C'est la disparition du pantalon féminin pour la jupe, la robe ou, encore mieux, la nudité, le costume de bain ou la lingerie qui s'offre aux regards.
La chasse est ouverte. Les femmes se font une joie de se faire belles pour déambuler nonchalamment dans les rues de ma ville, les hommes sont prêts et alerte pour les contempler. Le couple tangue, il hurle (pas le mien, en général) à la liberté et à la chair nouvelle. Bientôt, de nouveaux couples de chaleur se formeront, pour mourir avant l'automne. Des amours d'été. Un été où l'on ne lutte pas contre la chaleur alors que l'autre corps est trop brûlant, n'est pas un été digne de ce nom.
Les femmes ne cherchent plus l'homme idéal qui sera là alors qu'elle se les gèlent (quoi au juste) sous les vents d'hivers, celui qui écoutera avec elle tous les téléromans débiles, les téléréalités mochetons et les films païens pour jeune adolescente prépubaires. Les femmes cherchent l'aventure, la liberté, les vacances folles, les feux d'artifice sur un toit, l'ivresse tendre qui mène au baiser volé…
C'est le printemps et ça me démange.