mardi 29 septembre 2009

Viens ici, poupée!

Je l’ai balancée sur le lit, sans la ménager. Je n’avais pas à le faire, je n’en ressentais pas l’envie. La tendresse était pour une autre, pas pour elle. Ce qu’elle méritait, c’était un bon coup de pied au cul, ou plutôt un bon coup de bite dans le cul. Et c’est ce que j’allais faire, après m’être tapé sa bouche en cul de poule.

Jamais vu une meuf aussi silencieuse, une rareté. Après l’avoir balancée sur le pieu je me suis allumé une cigarette après m’être servi un grand verre de whisky sur glace et je me suis assis sur le fauteuil pour mieux la mater. Elle restait là, à regarder le plafond alors que je me rinçais l’œil sous sa jupe courte. Elle ne portait pas de slip. Sa chatte ne pouvait en porter le nom, lisse comme la joue d’une jeune fille de dix-huit ans. Dix-sept avec un peu de chance.

J’ai sorti mon outil après avoir écrasé le mégot de ma clope. D’une main je faisais tinter les glaçons et de l’autre me je faisais tinter les étoiles. J’aurais aimé qu’elle se fasse reluire pour réchauffer l’ambiance, mais j’étais déjà heureux qu’elle ne proteste pas que j’aie commencé sans elle.

J’avais déjà éclusé bien des verres avant de me tirer en douce avec Shirley. La soirée était moche et ce n’était pas de ma faute si on avait eu la mauvaise idée de nous présenter. Mike devait rager et me traiter d’enculé, mais à la pute comme à la pute. Avec tout ce que j’avais pris comme alcool, j’étais content de me tenir droit et savais que ça n’allait pas durer. Je me suis levé pour en profiter.

Ses seins, énormes, tenaient par miracle derrière une dentelle trop fine pour être vrai. Quand je disais qu’elle était silencieuse, elle n’a même pas bronché quand je lui ai arraché son soutif d’une main et sa jupe de l’autre. Je lui ai foutu une baffe pour voir si elle aimait ça. Je ne l’ai pas entendu se plaindre. Je lui en ai foutu une autre.

À ce moment, j’ai réalisé que je bavais et que ça lui coulait sur le ventre sans qu’elle ne réagisse, ça m’a fait gauler un max. Et j’ai voulu en profiter.

Je l’ai aidé à remonter un peu sur le pieu, poser sa tête sur les oreilles, pour une illusion de confort et de normalité. Je me suis promené un moment entre ses cuisses, mais l’odeur était étrange, je n’étais pas le premier à être passé par là.

Son ventre sentait le savon à vaisselle, ses goûts en fait d’hygiène laissaient à désirer. J’ai retiré mon futal et lui ai foutu ma queue entre les lèvres, jusqu’à la garde. Jamais vu une femme faire ça et encore moins ne pas protester, mais Dieu que j’aimais celle-là, une tombe. J’allais et venait dans sa gorge sans qu’elle n’ait le réflexe de vouloir dégobiller, le pied.

Après, je me suis occupé de son clito un peu, juste pour voir, pour la forme, mais ça ne lui faisait rien. Tout ce qu’elle voulait, sa seule utilité, c’était d’être un fourreau pour ma queue. Alors, je lui ai mis et je l’ai limée. À mort.

Les ressorts du pieu souffraient, grinçaient et je m’en foutais. J’y mettais le paquet, toute l’énergie de mon corps, toute ma rage envers les femmes. Tiens! Pour celles qui n’ont pas voulu. Tiens! Pour celles qui sont parties. Han! Pour toutes celles à venir.

« Salope! » J’ai gueulé et je suis ressorti d’entre ses cuisses, l’ai tournée sur le ventre et l’ai enculée.

Elle avait un grain de beauté sur la fesse.

J’aurais aimé un cri.

J’ai joui malgré tout.

Je me suis allumé une cigarette au pieu, lui en ai offert une, elle s’est dégonflée.

*

- Il ne fait pas chaud.
- T’inquiète, les projecteurs vont réchauffer la pièce.
- Ça va être long?
- Une vingtaine de minutes.
- Nue? Immobile?
- Tu veux de la musique?
- Tu peux me parler?
- Oui, je vais être derrière le micro et je peux t’entendre.
- Ok.

Michel est sorti et n’a pas pu s’empêcher de soupirer en rejoignant son poste derrière la vitre sans teint. Gérard était là, collé contre sa console.

- Hé! Tu te réveilles!
- T’as vu cette fille?
- Bof, tu sais, moi les seins et les fesses rondes, la peau soyeuse très peu pour moi.
- Ça t’empêche pas d’apprécier.
- Un peu, oui. Et maintenant ferme-là, il faut commencer.

Et Michel a appuyé sur le bouton du micro.

- Isabelle? Tu peux monter sur la plaque?
- Comme ça?
- Parfais, maintenant allonge les bras sur les côtés de ton corps. Parfait. Écarte un peu les jambes. Merci. Je vais lancer le scanner, essaye de rester le plus immobile qu’il t’est possible.
- Michel?
- Je suis là.
- Pourquoi au juste je dois faire ça? Je croyais qu’on faisait le moule aujourd’hui.
- Le scanner qui t’entoure, toute la pièce en fait, va recréer une image en trois dimensions de ton corps et va le reproduire à perfection pour le moule.
- Cool.
- Et demain, on va pouvoir faire le moule de ton vagin et de ton anus.
- Et pour la bouche?
- C’est assez standard : bouche étroite, profonde, dents limées.
- Et quand je vais pouvoir voir le prototype?
- On en a pour une semaine, mais en sortant de la séance tu vas pouvoir voir l’image créée par l’ordinateur.

Durant vingt minutes, Isabelle est restée immobile, puis Michel lui a donné feu vert pour bouger et elle ne s’en est pas gênée. Étrangement, son premier geste a été de s’habiller, puis elle est venue derrière le miroir pour se voir numérisée.

- C’est assez réaliste, mais j’ai vraiment les fesses comme ça?
- Non, on les a modifiés, les mecs préfèrent.
- Mes seins ne sont pas si gros.
- On les a grossis, un peu. Les mecs adorent ça.
- Et c’est quoi ça?
- Un grain de beauté.
- Mais je n’ai pas de grain de beauté sur la fesse.
- Je sais, j’ai vu, mais les mecs adorent ça.

mardi 15 septembre 2009

VII.


Je me suis allumé une cigarette. Je crois qu’elle a peur, je crois que c’est ce qui déforme son regard. Je devrais peut-être enlever le bâillon, elle pourrait me dire ce qui ne va pas.

Je change de pièce, je la laisse seule, après tout, elle commence à en avoir l’habitude. Mon vice aux lèvres, je prends du recul, je me dis que vivre à deux ce n’est pas toujours moche. Je me demande si elle aurait besoin d’aller aux toilettes. Depuis combien de temps est-elle attachée? Je ne me souviens plus. Je lui reviens.

Elle suit des yeux la cigarette qui se promène dans l’air, au gré de mes mains tentant de lui parler. Elle ne m’écoute pas, je crois qu’elle a peur que j’aille encore plus loin que d’habitude, que j’éteigne ma cigarette sur sa peau. Ça ne me dérange pas qu’elle y pense, moi aussi j’y pensais, mais je n’étais pas certain de pouvoir supporter l’odeur de la chair qui crame, il parait que l’odeur est infecte. Et puis aussi, je ne sais pas trop si je devrais l’emmener ensuite voir un médecin pour qui lui donne une piqûre anti-quelque chose. C’est déjà mauvais quand on les fume, enfoncées dans la chair ça ne doit pas être rose. Pour toutes ces raisons, j’ai renoncé à cet extrême, il m’en reste tant d’autres.

**

Elle a tout payé, elle a insisté. Je n’ai pas vraiment résisté. Maintenant, avec le recul, je peux dire que j’aurais payé, ne serait-ce que pour les moments de tranquillité lorsqu’elle est liée aux montant du lit. Et cette poire-bâillon, ce truc génial qui l’empêche d’exiger, de demander quoi que ce soit, qui me permet de rester de longues heures à travailler, à faire des courses, à l’oublier complètement. Elle m’assure qu’elle n’a pas mal, ficelée de la sorte, avec ce truc dans la bouche. Une légère peine à déglutir et la mâchoire ankylosée après coup, sans plus.

Le commerçant a mis à notre disposition une pièce fermée, discrète, où elle a pu choisir différents accessoires, en les essayant. Des vibrateurs de différentes tailles, formes et même un modèle avec télécommande à distance, multi vitesse réglable au bout des doits, d’un petit cadran. Ça m’a rappelé une bande dessinée, Manara, le déclic.

Dildos, menottes de pieds, de mains, crèmes, lubrifiants, aphrodisiaques, dessous immangeables et mangeables, liens de cuir, martinets, fouets d’un mètre de long, de deux, pinces électrifiées, godes à deux têtes, tout y est passé. Quelques milliers de dollars d’accessoires. Passer le temps de façon originale.

Elle m’a même laissé choisir quelques bons pornos, des classiques et des récents, des bons et des mauvais, des sobres et des délurés. Par Internet, elle a commandé des vidéos amateurs, des culottes portées par des stars du porno, des ceintures de chastetés, des vidéos interdites par notre pays conservateur, des vidéos à lever le cœur.

Toute l’énergie qu’elle pouvait déployer à travailler, elle l’a transposé à faire de ma chambre un temple du sexe, toutes orientations et perversions confondues.

Ça m’inspirait, j’écrivais du soir au matin, en ne prenant des pauses que pour la faire manger à la petite cuillère, la débarbouiller un peu, lui faire boire, la changer de position, la hisser au plafond, au mur, l’attacher au lit, à une chaise, la ligoter sur le sol et parfois l’accompagner au petit coin, pisser sur elle.

Je jouissais peu, pratiquement plus. Je me suis habitué à une érection quasi perpétuelle, avec aucune envie de la soulager. Je me plaisais plus à lui insérer un vibrateur plus puissant, plus gros, à la voir jouir à répétition, jusqu’aux larmes, que d’éjaculer sur son visage ou sur ses seins. Je me le permettais parfois, mais son regard reconnaissant avait tôt fait de me décourager de le faire trop souvent, ça et le fait que mon sexe, après quelques jours, avait fini par me faire mal, peu familier des éjaculations répétitives.

**

- Encule-moi
- Non, pas maintenant.
- Encule-moi.
- Non, je n’en ai pas envie.
- BAISE-MOI!
- TA GUEULE, CHIENNE.

Ce film était plutôt mauvais, mais j’aimais réécouter cette scène. La fille suppliait à genoux, un pénis énorme devant le visage. Un pénis abominable en fait, par sa grosseur et sa couleur violacée, exagérée. L’actrice était bonne, on avait envie de lui donner la lune tellement qu’elle semblait réellement en manque, tant son désir semblait vrai, surtout devant l’horreur qui lui faisait face.

Elle était assise, sagement, nue, à mes côtés. Nous n’écoutions plus que des pornos.

Sa peau était marquée de longs traits rouges. J’avais testé le fouet pour la première fois, d’abord doucement, puis avec une rage nullement contenue. Au début, elle me disait d’y aller plus fort, puis elle a cessé de demander quoi que ce soit, tremblante entre les coups, criant et pleurant de reconnaissance à chaque impact. Elle n’était pas attachée, aurait pu arrêter quand elle voulait, mais était restée là, à recevoir le cuir sur sa peau, passant sa langue sur les marques fraîche, accessible, comme l’aurait fait une chatte. Je lui cinglais le corps de toutes mes forces et elle ne disait rien, en redemandait, attendait le prochain claquement avec un désir évident.

Je me suis arrêté lorsque j’ai vu la première goutte de sang. J’avais été trop loin, pour moi, pas pour elle. Son corps recroquevillé sur le lit s’est déplié lorsqu’elle a compris que j’avais cessé pour de bon. Je me suis déshabillé et pour une fois, lui ai fait l’amour. J’ai même joui en elle. Jouissance simultanée.

mardi 18 août 2009

Nuits torrides


J'étais au bout du bureau, au bout du rouleau, tout m'exaspérait: mes patrons, mon boulot, mon salaire, mon appartement, la chaleur intenable, mes collègues...

Une d'entre elles s'est levée et m'a appelé en criant mon nom. Je voulais la faire taire et je n'avais pas de bâillon sous la main, alors je n'ai eu d'autre choix que d'aller à sa rencontre, en espérant que ce soit suffisant pour la réduire au silence.

Lorsque je suis arrivé, elle s'est penchée, comme une enfant qui a fait un mauvais tour et tente de se racheter en étant mignon. Elle se balançait d'avant en arrière, le sourire aux lèvres, les yeux brillants, les mains appuyées sur sa chaise, entre ses cuisses grandes ouvertes.

- J'ai rêvé de toi, elle m'a lancé.
- Est-ce que c'était...
- oh oui, c'était un rêve érotique, même TRÈS érotique. Je me suis levé tout Wouah! Et j'avais le ventre chaud, chaud, tellement chaud.

Ses mains avaient remonté jusqu'à son ventre, qu'elle caressait sensuellement comme pour illustrer l'étalement de la chaleur sur sa peau, un peu comme le font certaines filles lorsqu'on vient de leur remplir le nombril de sperme.

- Et c'était bien?

Et pour toute réponse elle a rougi, des joues jusqu'aux seins.

- Tu en doutes?

Je l'ai regardée et oui, j'ai eu un moment de doute. Un bref moment, le temps de plonger dans un décolleté qui n'était en fait qu'un immense tremplin, un trampoline, une falaise de laquelle on plongeait à sa perte. Un bref moment, quelques secondes au plus, le temps de m'apercevoir que sa robe d'été ne laissait pas de place à l'imagination, ou encore que ses lèvres entrouvertes, rouges comme des cerises bien mures, m'appelaient par mon prénom, ou plutôt me happaient comme un con.

- C'était comment? Torride?
- Au départ, tendre. Tu me faisais un massage, parce que j'avais mal au dos, puis nous faisions une sieste. Je me réveillais alors que tu m'embrassais les épaules, alors que tu descendais le long de mon dos, tout en caressant ma nuque de ta grande main. Tu descendais encore, me prenais une fesse entre les dents, je gémissais, j'en voulais encore. Tu m'a alors retourné, comme si je n'étais qu'un oreiller, toute légère et malléable. Tu es descendu entre mes cuisses, les as ouvertes en appuyant de tes mains sur mes genoux. Je résistais, pour la forme, puis tu plongeais. Ta langue était sublime, tes doigts n'étaient pas en reste.
- C'est détaillé comme rêve.
- Je n'ai pas arrêté d'y penser depuis mon réveil. Mais attends, ce n'est pas fini.
- Tu défaisais ton pantalon et me sortais ta queue. Une belle, grande, grosse, merveilleuse queue. Je n'ai pas pu résister, je l'ai prise dans ma bouche et je t'ai sucé et sucé encore. Tes mains agrippaient ma tête, la faisaient aller plus profondément, plus vite, plus lentement, comme tu le sentais. Quand tu en as eu assez, tu m'as fait mettre à genoux et tu m'as pris en levrette, sans retenue. Tu butais contre mon cul et ressortais et à chaque fois je retenais mon souffle, de peur que tu ne reviennes. Tu me baisais comme peu d'hommes savent le faire. Tu me baisais avec force, mais sans brutalité. J'ai joui et je crois bien que j'ai joui dans mon sommeil, ça m'a réveillé.
- Et moi, j'ai joui?
- Non.
- Dommage.
- On pourrait toujours s'arranger.

Je n'ai pas répondu. Je lui ai souri et j'ai relevé la tête. Elles étaient cinq ou six à écouter, la bouche ouverte, les yeux écarquillés. J'ai lancé "C'est SON rêve, moi je n'ai rien fait", mais je voyais bien dans leurs regards qu'elles allaient, elles aussi, en rêver le soir même.

Du coup, flatté, convaincu que j'allais au moins baiser en rêve ce soir-là avec plusieurs femmes, la vie m'a semblé moins moche.

dimanche 16 août 2009

Sans honneur



Je me suis relevé parce que je n'avais plus rien d'autre à faire. Planté devant le lit, la queue encore luisante, le l'ai regardée, repue, dégoulinante de sperme, s'allumer une cigarette. Elle avait les jambes ouvertes, son sexe poisseux coulait, palpitait encore. Je me suis penché pour attraper sa robe et m'essuyer avec. Ma poitrine était couverte de sueur, mon sexe était couvert de foutre.

Elle m'a laissé faire.

Elle ne se réajustait pas, ne tirait pas un drap sur son corps, ne faisait rien d'autre que fumer. Elle fumait tranquillement, comme si ce geste était le plus naturel du monde et me renvoyait sa fumée au visage. Elle me crachait à la gueule avec de longues bouffées de poison. Son souffle était gris. La pièce était déjà remplie de cette odeur "d'amour" et elle venait y mélanger celle de la cigarette.

J'étais là, debout, devant elle, encore en érection. De sa main libre elle m'a pointé sa chatte et a relevé les sourcils, comme pour me dire "allez, vas-y! Je parie que tu n'es plus capable". Bien sûr, je pouvais encore, j'en voulais encore. Je venais de jouir et pourtant j'avais encore envie de la griffer, de la tordre, de la voir se cambrer sous la force de mon désir. Je voulais la déchirer, la baiser, lui prendre le cul, la triturer, lui faire demander merci. Je voulais qu'elle me supplie d'arrêter, qu'elle me dise qu'elle n'en pouvait plus, je voulais la torturer, mais la torture débutait d'abord et avant tout par l'inaction. Je ne voulais pas la respecter, je laissais ça à son mari.

Sa cigarette se consumait et elle ne se donnait même pas la peine de faire tomber la cendre dans le cendrier sur la table de chevet. La cendre tombait sur les draps, sur sa peau et c'est à peine si elle sursautait lorsqu'une cendre encore chaude la brûlait accidentellement. Elle n'était plus qu'une boule de chair, de passion, de désir, de vice. Elle n'était plus qu'une salope dans l'attente de son châtiment, elle n'était plus qu'un trou, que plusieurs.

Elle a fini par écraser son mégot contre le mur et me l'a balancé par la gueule. Je n'ai pas bronché. Sans cesser de la regarder, je l'ai écrasé de mon pied, sur le sol. Ça m'a fait mal, mais rien ne paraissait sur mon visage.

Voyant que son cirque ne m'émouvait pas, ou peu, malgré ce que mon sexe érigé puisse en penser, elle s'est tournée sur le ventre, me montrant ainsi ses fesses. La trace de mes mains y était encore imprimée, je les avais frappées. Je me suis penché et y ai ajouté la trace de mes dents. Elle a mordu le drap, mais n'a pas crié.

Je me suis relevé, encore une fois, et ses fesses ont suivi. Se repliant sur ses genoux, elle levait son cul vers moi, tout en conservant sa tête appuyée sur le matelas, ses seins comprimés sur ses cuisses. Elle n'était plus qu'une boule, prête à se faire prendre comme une chienne, par-derrière, sans ménagement. Elle le voulait, l'appelait de sa chatte ondulante qui s'ouvrait et se refermait sous mes yeux.

Je ne bougeais pas, attendais la suite. Elle a dégagé ses bras et de ses mains ouvert son cul. L'invitation était directe et ce qu'elle n'avait pas en subtilité, elle le gagnait en poésie.

Je me suis penché et j'ai savouré son soupir de contentement lorsque j'ai craché sur son trou violacé. J'ai étendu ma salive grossièrement, y ai inséré un doigt à peine humecté, sans délicatesse. Elle a mordu le drap de nouveau. Son visage s'est tourné vers moi et elle m'a lancé "vas-y, si t'es un homme". Je n'ai pas hésité, je l'ai enculée d'un coup, jusqu'à la garde.

Cette fois-ci, elle n'a pu retenir son cri. En fait, j'ai dû retenir son corps de mes mains afin qu'il ne se dégage de moi, mais c'était trop tard, j'étais en place et je ramais. J'allais et je venais entre ses reins et elle arrachait les draps, les tordait entre ses doigts crispés. Son visage était tordu par la douleur et puis, alors que je ne l'attendais plus, elle m'a dit "encore, plus fort".

Je m'enfonçais, ressortais, la prenais de nouveau, allais, venais, de plus en plus vite, venait cogner mes hanches contre ses fesses. Je lui ai attrapé les cheveux et j'ai tiré, fort, son visage s'est encore déformé, mais elle aimait ça. Elle criait "oui,encore, oui, fais-moi mal, dis-moi que je suis une salope, que je suis ta salope" et je lui disais, je lui criais. Je la défonçais et la traitait de salope, lui détaillait à quel point elle était salope.

Quand j'ai senti que j'allais jouir, j'ai laché mon étreinte sur ses hanches, lâché celle sur ses cheveux et je l'ai tournée sans ménagement. J'ai tiré sur ses jambes jusqu'à ce qu'elle tombe au sol. Elle était molle, sans vigueur. J'ai attiré sa tête vers ma queue, elle a résisté. Je l'ai giflée, elle a perdu ce qui lui restait d'énergie. Je lui ai foutu ma queue dans la bouche et je l'ai baisée. Elle avait peine à respirer. "T'es une salope, c'est ça? Alors, tu sais ce que les salopes ça bouffe? Du sperme et de la merde!". J'étais dégueulasse, mais elle aimait ça. Elle enfonçait ses ongles dans mes fesses et c'était elle qui dirigeait le mouvement.

Je me suis reculé au dernier moment et lui ai éjaculé sur le visage. Un jet lui a explosé dans l'oeil. Elle a eu un soubresaut, mais n'a rien dit. Lorsque j'ai eu fini, je me suis essuyé la queue dans ses cheveux avant de me reculer, finir mon nettoyage dans sa robe et me rhabiller.

J'allais passer la porte lorsqu'elle est venue me rejoindre en robe de chambre.

- Merci, qu'elle m'a dit.
- T'as quelque chose sur le bord de la bouche, je lui ai répondu.
- T'es un salaud, elle m'a lancé en me crachant à la gueule.
- Oui, mais t'aimes ça.
- Embrasse-moi.

Je l'ai regardée avec dégoût, puis j'ai passé la porte.

Je n'ai eu aucun mal malgré cela à lui accorder une danse le lendemain. Après tout, elle était la demoiselle d'honneur de ma femme.

samedi 15 août 2009

Fesses


La fesse qui se caresse à deux mains, celle où l'on veut s'échoir et échouer. Celle qui fait de l'ombre à la lune, lorsque dévoilée sous les étoiles. Celle qui est parfumée, de philtres d'amour savamment concoctés et qui dévoile ses subtilités dans d'indécentes proximités.

Cette fesse, je la veux pour m'éclairer.

Arrondie, discrète, attirante, séduisante, délicieuse, invitante, désirée, aimée, vénérée, convoitée, achetée, soutenue, pincée, caressée, la fesse est dans tous ces états, mais elle ne vient jamais seule.

Cette fesse que je confesse avec volupté, n'a d'égal que sa complice, douce sœur jumelle. Qu'elles soient bien perchées ou dissimulées, généreuses ou capricieuses, elles offrent un abri de génie à l'amant moindrement dégourdi. Petit vicieux deviendra mieux.

Cette fesse je la contemple, je l'observe, la soupèse et l'imagine. Je l'imagine sous la jupe, sous ses dentelles artifices, emprisonnée avec sa compagne de toujours, ne réclamant qu'une chose : sortir, respirer et être libérées, adorées, vénérées, caressées, embrassées, mordues, fessées et toutes ces choses qui savent être appréciées.

mardi 14 juillet 2009

Qui sème l'orage récolte...

Elle me givre, me blesse, me tourmente et m’agresse.
Elle est possessive, tigresse, mon amante et ma faiblesse.
Elle me désarçonne, me libère, m’entraine et me tue
Elle est mignonne, sévère, une reine, une pu…

Je suis à sa merci, je ne la mérite, je tente l’émancipation, tâte du tison
Je suis raccourci, je l’évite, je fais attention, attend la trahison
Nous sommes un couple, sans aucun doute, le problème, la solution
Il faut être souple, coûte que coûte, quand bien même ne vient l’absolution

Elle est mon amante
Ma tourmente
Tente d’être silencieuse au bout du fil
Oublie de cesser de battre des cils
Du coup j’entends un cœur qui bas
Méprise d’un cœur béat
Traitrise de la foi
Aveugle comme il se doit
Et aussi anodin soit-il
Le geste peu subtil
Me confond et me perd
À l’amour comme à la guerre

Et pourtant je l'aime
On récolte ce que l'on sème

vendredi 3 juillet 2009

Sucker Mom



Elles arrivent haut perchées sur leurs talons aiguilles et leurs lingeries fines. Coiffées, maquillées, parfumées, elles s’assoient dans les gradins en prenant bien soin de ne pas froisser leurs jupes trop courtes, trop serrées, qui ne laissent que peu de place pour l’imagination. Elles applaudissent, sont enthousiastes, sans jamais perdre la tête, sans jamais montrer un mauvais jour.

Ils arrivent mâles, complets cravate, car ils reviennent du boulot, souliers vernis et langues bien pendues lorsqu’il s’agit de vilipender l’arbitre ou l’entraineur de l’équipe adverse. Ils sont armés du dernier cri de caméra vidéo et surtout de leurs appareils photo munis de canon énorme, symboles phalliques qui ne servent qu’accessoirement à croquer sur le vif leurs progénitures.

Les enfants jouent sur le terrain, se bousculent, se salissent, se donnent à fond pour impressionner les parents qui eux, de leur côté, tentent d’en mettre plein la vue aux autres spectateurs, autres parents en mal d’aventure ou de sport…

Bien entendu, il y a des parents en jeans, t-shirt, sans look et sans intention, mais ceux-là sont heureux en ménage et ne représente aucun intérêt.

Voilà qu’il pleut. La belle n’a pas d’ombrelle et se réfugie sous le parapluie bienveillant d’un père bien attentionné. Il fait froid, l’étoffe en fait foi et laisse poindre des pointes qui ne sont pas encore de désir, mais celui-ci ne saurait tarder. On se rapproche, pour éviter la pluie, pour couper le vent ou tout simplement parce qu’on en a envie. Paroles douces, démonstrations. Il se fait tendre, elle se fait forte. Elle engueule à son tour l’arbitre, il en rajoute, tout en soulignant d’un bon mot cette jolie force de caractère.

Il ne pleut plus, mais le parapluie reste ouvert, prétexte au rapprochement. Il passe un bras sur son dos, pour la réchauffer, elle dépose sa tête sur son épaule. Sur le terrain, l’innocence passe le temps. Des points sont marqués sur l’herbe et sur les gradins.

Il a une érection, ne s’en cache qu’à moitié, un peu gêné, elle est touchée et rigole, parce qu’elle est trempée et ce n’est pas à cause de la pluie. Elle a envie de lui, le prendrait là, maintenant, mais elle ne peut pas.

Il sort son cellulaire, elle y entre son numéro. La semaine prochaine, elle n’aura pas les enfants. Tiens, lui non plus. Elle lui tend son cellulaire, l’échange est complet.

Ce soir-là, les enfants couchés, elle ne peut résister et l’appelle. Justement, il pensait à elle. Il ne sait pas qu’elle a vidé la moitié d’une bouteille de vin et ne porte qu’une robe de chambre, ouverte largement pour qu’elle puisse glisser une main entre ses cuisses. Elle ne sait pas qu’il dit vrai : il tenait son sexe fermement en pensant à elle.

La semaine suivante, ils se voient, mais ne se parlent pas, ou peu. Ils n’ont envie que de leur corps. Ils se baisent, se lèchent, s’embrassent, se torturent, se pénètrent, glissent, mordent et recommencent. Le lendemain, ils répètent le manège. Puis, il ne répond pas. Passe un jour, puis un autre.

La semaine suivante…

Elles arrivent haut perchées sur leurs talons aiguilles et leurs lingeries fines. Ils sont armés de leurs appareils photos munis de canon énorme.

Il ne pleut pas, mais qu’importe, ce n’est qu’une chaise musicale.

Pour adultes.


jeudi 2 juillet 2009

Divagations

Vous savez, ça ne se passe jamais comme on voudrait, jamais. Ou même comme on le souhaiterait ou comme dans nos fantasmes ou comme dans une réalité alternative qui nous a été contée un soir où nous avions trop bu. Non, ça ne se passe jamais comme ça et faites-moi plaisir, oubliez le cinéma.

À l'approche de la trentaine, à son tournant, la sexualité n'a rien de normal, de romantique ou de chevaleresque, elle est tout simplement naturelle. Nous avons tant bouffé d'hormones par nos steaks et côtes levées que nous sommes devenus des bêtes, littéralement.

Je regarde autour de moi et si je fais abstraction du principe intrigant du couple, la sexualité est un produit commun, un lieu commun. Je veux dire : tout le monde baise et ceux qui ne baisent pas, en rêve. Quand on ne baise pas et on n'en rêve pas, c'est qu'on dort ou qu'on a la main dans le slip, homme ou femme.

Tout le monde se masturbe, les autres mentent.

Et merde, arrêtons de nous leurrer. Tu es femme, je suis homme et nous n'avons rien à foutre dans l'heure qui suit, alors allons-y, pétons-nous la fiole, défonçons la casserole et forniquons jusqu'à ce que nos cerveaux explosent. Nos cerveaux ou n'importe quoi. Pourquoi ce n'est jamais comme ça? Ou trop rarement?

Pitié, épargnez-moi les principes, les mots directeurs et les remords. Dieu est mort, Camus l'a annoncé il y a plus d'un demi-siècle, ne nous faites pas chier. Le condom, la pilule, le stérilet on depuis longtemps confirmé ce que tout le monde savait déjà : on veut baiser et ce n'est sûrement pas pour procréer, sinon on commencerait à seize ans et arrêterait à trente, le reste ne serait que perversion et passe-temps.

Attendez, c'est ça, on est des pervers, des cochons, des merdes lubriques. On est des bêtes assoiffées de mictions gluantes et odorantes. On se veut à quatre pattes, à six, à huit. On se veut là, maintenant, là dans contre le mur. Le lit, on en a fait le tour. Merde, mon "Queen size" ne fait jamais que 4800 pouces carrés, c'est ridicule, pourquoi on y retourne? Pour s'endormir après? Pour ne pas se massacrer les genoux dans l'herbe? Pour ne pas porter les stigmates de nos envies? Sûrement pas pour la vue. Et pourquoi les plafonds sont toujours aussi mornes?

Affichons nos cicatrices. Je rêve qu'une fille se déshabille et me dise "Cette coupure, c'était dans un entrepôt du quartier industriel, celle-là, c'était dans les toilettes de ce bar dont j'ai oublié le nom. Cette brûlure? Je n'aurais pas du fumer dans les toilettes du Continental, tout a cramé."

"Bend over i'll fuck the hell out of you!" à part dans les films pornos, qui parle comme ça?

Des filles m'ont conté: "Tu la sens bien hein?", "Dis-moi que je suis le meilleur", "N'est-ce pas la meilleure baise de ta vie", "T'as aimé ça, dis-moi". Pour qui ils se prennent ces inquiets de la bite? Pourquoi y'a jamais un mec qui m'a conté qu'un fille lui avait dit : "Tu sens comme je suis profonde", "Tu aimes ça, je suis bien serré autour de toi", "Oui, défonce-moi la cafetière". Ce n'est pas ça la sexualité. Les mecs sont tarés. Ils croient aux extraterrestres et qu'aucune femme ne simule. Détrompez-vous messieurs, elles le font toutes, c'est juste que certaines sont meilleures que d'autres à ce jeu.

Dans les bars, dans les clubs, dans les restaurants ou les cafés du Plateau, dans les soirées corporatives, dans les tours de verres du centre-ville, dans les bas-fonds de toutes les villes, dans les piqueries, les parcs et les ruelles, tout le monde s'envoie en l'air et les autres n'attendent que leur tour.

Je ne suis pas différent des autres. J'ai baissé mon froc et je ne me suis pas donné la peine de l'enlever. J'ai baisé avec mes souliers, j'ai baisé avec ma ceinture encore attachée. Des filles se sont mises à genoux alors que je ne demandais rien. Pourquoi d'ailleurs se mettent-elles à genoux? Pourquoi quand une femme veut me faire comprendre qu'elle a envie qu'on s'envoie en l'air elle commence toujours par ma braguette, pourquoi elle ne me laisse pas commencer par la sienne? Pourquoi sent-elle toujours le besoin de me satisfaire avant que je m'occupe d'elle? Pourquoi elles ne cherchent jamais à ce que je plonge sur leurs jupes gratuitement, comme ça, une petite vite dans une cage d'escalier? Pourquoi c'est toujours à moi de me laisser faire?

Pourquoi passé trente ans les femmes réalisent ce que les hommes réalisent à l'adolescence? Le sexe est bon pour le cœur, il fait oublier le monde entier pour un quart d'heure, une heure, une nuit ou si on est chanceux deux jours dans un spa luxueux suivi de bain de boue.

Le délire est bon pour l'esprit.

Fondamentalement, je suis voyeur. Je veux voir. Je ne veux pas toucher, goûter, pénétrer, je veux voir. Un décolleté est souvent meilleur que la baise qui suit. Les jambes qui se croisent et décroisent sous la jupe d'été sont trop souvent des promesses trop peu souvent tenues. Mais le regard ne trompe jamais. Sinon pourquoi tant de pornographie? Ce n'est sûrement pas parce que ça excite, voir une fille refaite se faire baiser par un mec déformé du zob n'a rien d'excitant, c'est être voyeur qui excite. On va au cinéma pour vivre des sensations par procuration, on regarde un porno pour baiser par procuration.

C'est pas normal de se retenir, y'a une raison pour l'attirance. C'est lorsqu'on se retient, qu'on attend, qu'on tente de justifier ses actes à venir derrière des sentiments fabriqués que tout dégringole et que la merde nous aveugle.

Ouvrez ce décolleté que de toute façon vous avez choisi pour dévoiler vos charmes. Ne faites pas l'indignée lorsqu'un regard s'y perd un instant. Et mesdames, ne soyez plus subtiles, regardez-le où vous voulez et rendez-lui la monnaie de sa pièce. Il reluque, reluquez. N'hésitez pas à lui demander de retirer son futal si la vue ne vous convient pas.

De toute façon ainsi est faite notre société : apparence, glamour, sensualité et sexualité exacerbée. Notre consommation est basée sur notre désir, les pros du marketing l'ont compris il y a longtemps. Ce que personne n'a compris, c'est qu'il faut aussi en profiter.

Je ne fais rien l'année prochaine, quelqu'un est intéressé?

mardi 23 juin 2009

Une chienne


J’ai la main leste, le geste large, l’impact léger. Elle en redemande, je lui en redonne. Je frappe, sans jamais blesser. Je respecte… et j’oublie. Ce n’est plus le temps d’être tendre, ce soir je suis un homme qui tord le bras de sa femme et lui dit des mots orduriers.

Elle en redemande.

Je la prends debout, dans l’entrée, à peine est-elle entrée. Les enfants n’entendent rien, sont au sous-sol devant la télé. Elle me suce allègrement et je la tiens bien en place, l’enfonce un peu plus loin, parce que c’est ce que MOI j’aime, c’est ce que je veux, maintenant. Ce qu’elle aime, je lui donne. Si je relâche mon étreinte, elle se retire, prend une grande respiration et y revient. Elle y revient toujours.

Nous faisons souper les enfants, je caresse ses fesses en passant, l’embrasse goulument. Les enfants disent beurk, nous rions. Ce n’est pas incompatible. Les « soccer moms » sont des femmes comme les autres. Elles aussi aiment être à quatre pattes, sentir un sexe gorgé de désir s’enfoncer profondément, sans trop de retenue dans leurs sexes palpitant, pour aller cogner au fond de leurs ventres, là où le plaisir se fait grandissant, insistant. Ce sexe, c’est souvent le mien. Avec ma femme, avec la vôtre.

Je la prends en levrette, sans même avoir retiré son string, alors qu’elle est penchée sur le lave-vaisselle. Plus tard, elle termine ce qu’elle avait commencé dans l’entrée et se met à genoux de nouveau, me bouffe la queue comme elle seule sait le faire. Elle s’en prend plein la gueule et du bout des doigts s’essuie et se régale dans un petit bruit de succion qui me garde éveillé. Je lui arrache la petite dentelle délicate, lui tords un bras derrière le dos et l’entraine dans la chambre, ferme la porte derrière moi.

J’attrape la bouteille de lubrifiant sur la table de nuit, la force à se pencher sur le lit, les fesses en l’air, les pieds encore chaussés de ses souliers à talons hauts. Je lui prends le cul, sans perdre mon temps, sans trop attendre, parce que c’est dans l’attente qu’elle finit toujours par avoir mal. Si je la prends solidement, profondément, jusqu’à la garde, elle joui et joui encore. Je jouis aussi, dans son cul et me retire pour le regarder qui déborde de moi.

Je la retourne et l’embrasse.

Je l’aime.

Imaginez ce que ce serait si ce n’était pas le cas.

Parfois j’en rêve.

samedi 6 juin 2009

Ça me prend, comme ça

Son sein, vu de profil, rappelait une larme bien foutue.

mardi 19 mai 2009

Croqué sur le vif

L’insolence d’un regard convenu.

L’amant rencontrant la maîtresse hors du cadre de sensualité jette ce regard précis, celui qui ordonne le silence, celui qui circonvient l’insolence, pour éviter une déchéance annoncée. Elle sait, il sait, mais personne ne doit savoir, pas même eux. Dans la foule, pourtant anonyme, ils ne font que se lancer des yeux chargés de sous-entendus, de souvenirs, de remembrances. Le silence est tangible, opaque.

Je suis là, dans mon monde, dans ma bulle, dans mon espace de vie quotidien. Elle est là, apparaissant sans prévenir, au beau milieu des chalands, cherchant un espace où poser ses émotions. Je la vois, elle me remarque. Je l’implore de ne pas venir, je l’implore d’un sourire. Elle accepte le rejet, me méprise d’un sourire rendu, entendu. Ses lèvres pincés, ce rictus exagéré, tout en son pouvoir pour me torturer. Je baisse la tête, le châtiment est mérité.

Je reviens à ma vie, à mon spleen, à mes transports. Elle, en parallèle, fait ce que j’ignore. Deux vies verticales, à jamais parallèles pour cause d’intersection horizontale. Nous sommes conséquents des conséquences d’une sécante d’un soir, d’une nuit, d’un frisson.

Puis viens le départ, le nouveau départ, elle repart et me laisse sans un regard. Je contemple son dos, la prends par-derrière, lui rends ses sentiments déplacés et regrette de ne contempler que sa nuque. Avec elle, s’enfuient le souvenir et, quelque peu, l’avenir. Malgré la nature incertaine de celui-ci, je regrette.

Il ne faut pas confondre le souvenir et le regret, la mémoire et le remords. Le regret a pour toile de fond une image, un nom, un visage, qui tournent sans arrêt derrière les yeux clos et tourmente les nuits. On s’est veut, de ne pas être là, de ne plus y être, d’y avoir été. On s’en veut pour les conséquences, matérielles, humaines, négatives. Le souvenir n’est que le support, l’image elle-même. La mémoire est l’ensemble des souvenirs, bon ou mauvais. Finalement, le remords…

Le remords c’est le cancer qui ronge le sein de celui qui se souvient trop clairement, c’est le poumon noir de celui qui a blessé et qui voit la destruction de ses actes. Le remord, c’est une vérité en attente, c’est un aveu étouffé. Le regret a rapport a l’acte, le remord à ce qui en suit.
Elle passe son chemin, le mien suit son cours.

Derrière l’insolence criée de cette séparation, je hurle.

Je hurle à la convenance, lui crache à la gueule, lui revoit ces fausses illusions dont elle voudrait m’abreuver. Je ne suis pas une âme de consommation, je tire sans sommation et je touche. Je heurte les bonnes mœurs d’une inconvenance tacite, naturelle, sans équivoque. Je vaque à mon péché, gagne mon enfer à la sueur de mon front et je me démène pour me sortir de votre morale empoisonnante.

Mais elle n’est plus là. Vous avez remporté, quelque peu, quelques fois.

Le prochain champ d’horreur se jouera avec mes poings, avec ma haine et je ne la laisserai pas me quitter de nouveau.

Je conviendrai que mes regards peuvent perdre leur insolence, lorsque votre acceptation aura les reflets de ma passion.

vendredi 15 mai 2009

Une arête dans la gorge

- Si je comprends bien, la fellation n’est rien d’autre, pour toi, qu’une domination sur la femme?!

J’aime entrer d’emblée dans le vif du sujet. Une fois que vous avez capté l’œil du lecteur, vous pouvez vous laisser aller à la démesure, à la réflexion ou tout autre exercice que vous jugez nécessaire ou intéressant. Je peux vous parler, dans le cas présent, de la femme qui vient de s’exclamer, reculer dans le temps pour vous mettre en contexte, aller dans le futur et la décrire à genoux - en insistant sur ma main parcourant ses cheveux -, vous décrire ma réflexion précédant la réponse, vous parler de ses yeux et du regard teinté de mépris (ou de désir?) qu’elle me porte. Je peux dire toutes ces choses ou les omettre, tel est le pouvoir de ma plume et celui d’avoir acquis votre attention.

Mais voilà, tout n’est pas si simple. Il suffit d’un jugement intempestif, d’une phrase douteuse ou d’une énumération trop longue,mal inspirée, et je vous ai perdu. Plus simple encore : un caprice de votre part et vous détournez les yeux. Vous n’avez peut-être sauté que quelques lignes, voire un paragraphe, peut-être j’écris déjà une ligne que vous ne lirez jamais. Pour toutes ces raisons, il me faut vous raccrocher.

- Ce n’est pas vraiment ça, mais oui.

Femme, vous commencez à me haïr sans le savoir, ou peut-être si ; homme, vous m’en voulez et m’admirez de l’écrire. Déjà, l’un ou l’autre, vous avez perdu la notion de détachement, vous avez été eu par vous-même. Le narrateur n’est pas l’écrivain, même lorsqu’il endosse son costume. Il est aisé d’être désagréable, il me suffirait de cracher sur une religion, une ethnie, une couleur de peau, un sexe ou une orientation sexuelle et vous voilà animés d’un besoin de croisade, justifiée, je vous le concède.

Alors moi, narrateur écrivain, je vous envoie ma première vraie vacherie, mon bouquet final : la queue de poisson.

lundi 27 avril 2009

Sentiments portefeuilles

Baiser pour survivre. Éjaculer pour oublier. Lui faire sentir la douleur du plaisir. D’un coup de rein lui enfoncer ma hargne, lui faire ravaler le manque. Jouir sans que ce soit bon, ou même libérateur. Me vider les couilles comme je me déverserais en paroles amères. La regarder jouir, crier son plaisir et assumer le mien.

J’en suis réduit à ces pensées. Songer, réfléchir, alors que je devrais perdre la tête. Enfoncer mes ongles par technique, non pas par la nécessitée de mon corps enflammé.

Elle est là, inerte, ruisselante de sueur et de sperme, le mien. Elle halète, moi je me mouche, comme je me suis mouché en elle. Je l’exècre. Chair faible, faible comme ma volonté. Que ne suis-je insensible à leurs besoins, à leurs appels de frissons? Que ne suis-je plus fort, inébranlable? Pourquoi m’attirent-elles dans ces bras qui me perdent, qui soulagent mon corps de façon éphémère et ruinent mon esprit pour de bon? Pourquoi cette vie? Vivre, mais pour quoi?

Elle va s’endormir, polluer ma nuit, perturber mon sommeil par sa présence excédentaire. Elle va me tromper dans ses songes, je n’existe déjà plus. Un orgasme, deux, voilà mon utilité. Je ne suis pas son prince charmant, je ne suis pas celui qui lui a passé cette bague au doigt, bague qui me rappelle mon rôle, éclatante de vérité sous un rayon de lune. Ce qui est triste, aussi, c’est que je suis le seul être de vérité; elle va se cacher cette nuit, ces frissons, à elle et à l’autre. On me prend, on m’oublie, c’est simple, commode et puis ça fait changement.

Allez savoir pourquoi, j’ai envie d’elle. J’ai envie de la défoncer, de lui dire que je vais lui faire mal. Mon agressivité se concentre en un point précis et de ce point je pointe son cul. La prendre de force, presque contre son gré. Mais je sais que tout ça ne sert à rien. Je ne le ferai pas, et même si; ces femmes qui viennent à moi n’ont peur de rien. Je pourrais la faire crier, la déchirer, la lier, lui foutre des baffes et elle trouverait encore moyen de me dire tendrement, sur un ton de confidence : « on ne m’avait jamais fait jouir comme ça… ».

Bien sûr qu’on ne leur a jamais fait ça. Elles ont des hommes qui les aiment, moi je les déteste. Elles n’aiment jamais que mon corps, mon cœur n’est jamais qu’un artifice gênant. J’en parle et elles balayent mes illusions d’un revers de la main, d’une fellation sournoise. Pour peu, je voudrais être impuissant.

Ne vous trompez pas, je ne suis pas un pervers particulier, simplement un amant consciencieux. Lorsqu’elles viennent à moi, elles n’avouent jamais leurs vices, je les devine.

Je la secoue, elle se réveille. Elle doit partir.

Elle se rhabille, encore endormie. Elle me regarde presque avec regret, maintenant qu’elle doit me payer.

vendredi 3 avril 2009

Mes sens interdits

Je prends ma femme en sens interdit
Je convole en noce injuste
Mes amours de nuit
Mes sentiments augustes
Et les autres, vous
Et vos morales dont je me fou

Je n’ai rien à revendre
Sinon mon corps à prendre
Et mes cernes à rabais
Mes états d’âme noire
Les mots qui m’ont fait
Élire, amant d’un soir

Je n’ai rien d’une société
Où l’on voudrait m’interdire
D’inclure le nombre dans l’amour
Où l’on voudrait me taire au grand jour
Que je ne puisse rien dire
Qui puisse vous choquer

dimanche 22 mars 2009

Le printemps ça démange

C'est une irritation, un picotement au niveau de la vertu. C'est un désir qui sort de l'hibernation, c'est de la peau redécouverte, la joie de marcher sur la rue et la chaleur d'une ville qui s'en fou d'être grise. C'est le printemps.

Le printemps me fait toujours le même effet : mon désir augmente, ma vertu diminue. Je n'ai pas assez de yeux au printemps pour pouvoir contempler la moindre fleur, le moindre jupon, la moindre botte insolente. Je n'ai pas assez de mains pour toutes ces premières bières de terrasse. Une blonde, une brune et une autre bière : c'est ça la vie.

Et puis il y a le reste : la verdure, l'air pur, le plaisir d'être dehors, les festivals qui vont bientôt commencer, des tournages en plein air que je me promets, des matinées romantiques à la lueur d'un soleil qui se lève en s'échauffant un peu.

C'est le grand ménage, car il le faut, si je veux recevoir. Je vais refaire des partys, me coucher aux petites heures du matin, vivre à temps plein dans un état second (c'est pas le désir des indépendantistes ça? Vivre à temps plein dans un état second?), me trouver dans un corps que je maudirai vers midi et dormir jusqu'à plus soif, ou jusqu'au soir, ou jusqu'à la prochaine fête.

Le printemps, c'est l'annonce de l'été, l'amorce, le début de notre deuxième saison : la chaude, après la froide. C'est l'abandon du manteau, que l'on troque pour le style. C'est la disparition du pantalon féminin pour la jupe, la robe ou, encore mieux, la nudité, le costume de bain ou la lingerie qui s'offre aux regards.

La chasse est ouverte. Les femmes se font une joie de se faire belles pour déambuler nonchalamment dans les rues de ma ville, les hommes sont prêts et alerte pour les contempler. Le couple tangue, il hurle (pas le mien, en général) à la liberté et à la chair nouvelle. Bientôt, de nouveaux couples de chaleur se formeront, pour mourir avant l'automne. Des amours d'été. Un été où l'on ne lutte pas contre la chaleur alors que l'autre corps est trop brûlant, n'est pas un été digne de ce nom.

Les femmes ne cherchent plus l'homme idéal qui sera là alors qu'elle se les gèlent (quoi au juste) sous les vents d'hivers, celui qui écoutera avec elle tous les téléromans débiles, les téléréalités mochetons et les films païens pour jeune adolescente prépubaires. Les femmes cherchent l'aventure, la liberté, les vacances folles, les feux d'artifice sur un toit, l'ivresse tendre qui mène au baiser volé…

C'est le printemps et ça me démange.