Vous savez, ça ne se passe jamais comme on voudrait, jamais. Ou même comme on le souhaiterait ou comme dans nos fantasmes ou comme dans une réalité alternative qui nous a été contée un soir où nous avions trop bu. Non, ça ne se passe jamais comme ça et faites-moi plaisir, oubliez le cinéma.
À l'approche de la trentaine, à son tournant, la sexualité n'a rien de normal, de romantique ou de chevaleresque, elle est tout simplement naturelle. Nous avons tant bouffé d'hormones par nos steaks et côtes levées que nous sommes devenus des bêtes, littéralement.
Je regarde autour de moi et si je fais abstraction du principe intrigant du couple, la sexualité est un produit commun, un lieu commun. Je veux dire : tout le monde baise et ceux qui ne baisent pas, en rêve. Quand on ne baise pas et on n'en rêve pas, c'est qu'on dort ou qu'on a la main dans le slip, homme ou femme.
Tout le monde se masturbe, les autres mentent.
Et merde, arrêtons de nous leurrer. Tu es femme, je suis homme et nous n'avons rien à foutre dans l'heure qui suit, alors allons-y, pétons-nous la fiole, défonçons la casserole et forniquons jusqu'à ce que nos cerveaux explosent. Nos cerveaux ou n'importe quoi. Pourquoi ce n'est jamais comme ça? Ou trop rarement?
Pitié, épargnez-moi les principes, les mots directeurs et les remords. Dieu est mort, Camus l'a annoncé il y a plus d'un demi-siècle, ne nous faites pas chier. Le condom, la pilule, le stérilet on depuis longtemps confirmé ce que tout le monde savait déjà : on veut baiser et ce n'est sûrement pas pour procréer, sinon on commencerait à seize ans et arrêterait à trente, le reste ne serait que perversion et passe-temps.
Attendez, c'est ça, on est des pervers, des cochons, des merdes lubriques. On est des bêtes assoiffées de mictions gluantes et odorantes. On se veut à quatre pattes, à six, à huit. On se veut là, maintenant, là dans contre le mur. Le lit, on en a fait le tour. Merde, mon "Queen size" ne fait jamais que 4800 pouces carrés, c'est ridicule, pourquoi on y retourne? Pour s'endormir après? Pour ne pas se massacrer les genoux dans l'herbe? Pour ne pas porter les stigmates de nos envies? Sûrement pas pour la vue. Et pourquoi les plafonds sont toujours aussi mornes?
Affichons nos cicatrices. Je rêve qu'une fille se déshabille et me dise "Cette coupure, c'était dans un entrepôt du quartier industriel, celle-là, c'était dans les toilettes de ce bar dont j'ai oublié le nom. Cette brûlure? Je n'aurais pas du fumer dans les toilettes du Continental, tout a cramé."
"Bend over i'll fuck the hell out of you!" à part dans les films pornos, qui parle comme ça?
Des filles m'ont conté: "Tu la sens bien hein?", "Dis-moi que je suis le meilleur", "N'est-ce pas la meilleure baise de ta vie", "T'as aimé ça, dis-moi". Pour qui ils se prennent ces inquiets de la bite? Pourquoi y'a jamais un mec qui m'a conté qu'un fille lui avait dit : "Tu sens comme je suis profonde", "Tu aimes ça, je suis bien serré autour de toi", "Oui, défonce-moi la cafetière". Ce n'est pas ça la sexualité. Les mecs sont tarés. Ils croient aux extraterrestres et qu'aucune femme ne simule. Détrompez-vous messieurs, elles le font toutes, c'est juste que certaines sont meilleures que d'autres à ce jeu.
Dans les bars, dans les clubs, dans les restaurants ou les cafés du Plateau, dans les soirées corporatives, dans les tours de verres du centre-ville, dans les bas-fonds de toutes les villes, dans les piqueries, les parcs et les ruelles, tout le monde s'envoie en l'air et les autres n'attendent que leur tour.
Je ne suis pas différent des autres. J'ai baissé mon froc et je ne me suis pas donné la peine de l'enlever. J'ai baisé avec mes souliers, j'ai baisé avec ma ceinture encore attachée. Des filles se sont mises à genoux alors que je ne demandais rien. Pourquoi d'ailleurs se mettent-elles à genoux? Pourquoi quand une femme veut me faire comprendre qu'elle a envie qu'on s'envoie en l'air elle commence toujours par ma braguette, pourquoi elle ne me laisse pas commencer par la sienne? Pourquoi sent-elle toujours le besoin de me satisfaire avant que je m'occupe d'elle? Pourquoi elles ne cherchent jamais à ce que je plonge sur leurs jupes gratuitement, comme ça, une petite vite dans une cage d'escalier? Pourquoi c'est toujours à moi de me laisser faire?
Pourquoi passé trente ans les femmes réalisent ce que les hommes réalisent à l'adolescence? Le sexe est bon pour le cœur, il fait oublier le monde entier pour un quart d'heure, une heure, une nuit ou si on est chanceux deux jours dans un spa luxueux suivi de bain de boue.
Le délire est bon pour l'esprit.
Fondamentalement, je suis voyeur. Je veux voir. Je ne veux pas toucher, goûter, pénétrer, je veux voir. Un décolleté est souvent meilleur que la baise qui suit. Les jambes qui se croisent et décroisent sous la jupe d'été sont trop souvent des promesses trop peu souvent tenues. Mais le regard ne trompe jamais. Sinon pourquoi tant de pornographie? Ce n'est sûrement pas parce que ça excite, voir une fille refaite se faire baiser par un mec déformé du zob n'a rien d'excitant, c'est être voyeur qui excite. On va au cinéma pour vivre des sensations par procuration, on regarde un porno pour baiser par procuration.
C'est pas normal de se retenir, y'a une raison pour l'attirance. C'est lorsqu'on se retient, qu'on attend, qu'on tente de justifier ses actes à venir derrière des sentiments fabriqués que tout dégringole et que la merde nous aveugle.
Ouvrez ce décolleté que de toute façon vous avez choisi pour dévoiler vos charmes. Ne faites pas l'indignée lorsqu'un regard s'y perd un instant. Et mesdames, ne soyez plus subtiles, regardez-le où vous voulez et rendez-lui la monnaie de sa pièce. Il reluque, reluquez. N'hésitez pas à lui demander de retirer son futal si la vue ne vous convient pas.
De toute façon ainsi est faite notre société : apparence, glamour, sensualité et sexualité exacerbée. Notre consommation est basée sur notre désir, les pros du marketing l'ont compris il y a longtemps. Ce que personne n'a compris, c'est qu'il faut aussi en profiter.
Je ne fais rien l'année prochaine, quelqu'un est intéressé?
À l'approche de la trentaine, à son tournant, la sexualité n'a rien de normal, de romantique ou de chevaleresque, elle est tout simplement naturelle. Nous avons tant bouffé d'hormones par nos steaks et côtes levées que nous sommes devenus des bêtes, littéralement.
Je regarde autour de moi et si je fais abstraction du principe intrigant du couple, la sexualité est un produit commun, un lieu commun. Je veux dire : tout le monde baise et ceux qui ne baisent pas, en rêve. Quand on ne baise pas et on n'en rêve pas, c'est qu'on dort ou qu'on a la main dans le slip, homme ou femme.
Tout le monde se masturbe, les autres mentent.
Et merde, arrêtons de nous leurrer. Tu es femme, je suis homme et nous n'avons rien à foutre dans l'heure qui suit, alors allons-y, pétons-nous la fiole, défonçons la casserole et forniquons jusqu'à ce que nos cerveaux explosent. Nos cerveaux ou n'importe quoi. Pourquoi ce n'est jamais comme ça? Ou trop rarement?
Pitié, épargnez-moi les principes, les mots directeurs et les remords. Dieu est mort, Camus l'a annoncé il y a plus d'un demi-siècle, ne nous faites pas chier. Le condom, la pilule, le stérilet on depuis longtemps confirmé ce que tout le monde savait déjà : on veut baiser et ce n'est sûrement pas pour procréer, sinon on commencerait à seize ans et arrêterait à trente, le reste ne serait que perversion et passe-temps.
Attendez, c'est ça, on est des pervers, des cochons, des merdes lubriques. On est des bêtes assoiffées de mictions gluantes et odorantes. On se veut à quatre pattes, à six, à huit. On se veut là, maintenant, là dans contre le mur. Le lit, on en a fait le tour. Merde, mon "Queen size" ne fait jamais que 4800 pouces carrés, c'est ridicule, pourquoi on y retourne? Pour s'endormir après? Pour ne pas se massacrer les genoux dans l'herbe? Pour ne pas porter les stigmates de nos envies? Sûrement pas pour la vue. Et pourquoi les plafonds sont toujours aussi mornes?
Affichons nos cicatrices. Je rêve qu'une fille se déshabille et me dise "Cette coupure, c'était dans un entrepôt du quartier industriel, celle-là, c'était dans les toilettes de ce bar dont j'ai oublié le nom. Cette brûlure? Je n'aurais pas du fumer dans les toilettes du Continental, tout a cramé."
"Bend over i'll fuck the hell out of you!" à part dans les films pornos, qui parle comme ça?
Des filles m'ont conté: "Tu la sens bien hein?", "Dis-moi que je suis le meilleur", "N'est-ce pas la meilleure baise de ta vie", "T'as aimé ça, dis-moi". Pour qui ils se prennent ces inquiets de la bite? Pourquoi y'a jamais un mec qui m'a conté qu'un fille lui avait dit : "Tu sens comme je suis profonde", "Tu aimes ça, je suis bien serré autour de toi", "Oui, défonce-moi la cafetière". Ce n'est pas ça la sexualité. Les mecs sont tarés. Ils croient aux extraterrestres et qu'aucune femme ne simule. Détrompez-vous messieurs, elles le font toutes, c'est juste que certaines sont meilleures que d'autres à ce jeu.
Dans les bars, dans les clubs, dans les restaurants ou les cafés du Plateau, dans les soirées corporatives, dans les tours de verres du centre-ville, dans les bas-fonds de toutes les villes, dans les piqueries, les parcs et les ruelles, tout le monde s'envoie en l'air et les autres n'attendent que leur tour.
Je ne suis pas différent des autres. J'ai baissé mon froc et je ne me suis pas donné la peine de l'enlever. J'ai baisé avec mes souliers, j'ai baisé avec ma ceinture encore attachée. Des filles se sont mises à genoux alors que je ne demandais rien. Pourquoi d'ailleurs se mettent-elles à genoux? Pourquoi quand une femme veut me faire comprendre qu'elle a envie qu'on s'envoie en l'air elle commence toujours par ma braguette, pourquoi elle ne me laisse pas commencer par la sienne? Pourquoi sent-elle toujours le besoin de me satisfaire avant que je m'occupe d'elle? Pourquoi elles ne cherchent jamais à ce que je plonge sur leurs jupes gratuitement, comme ça, une petite vite dans une cage d'escalier? Pourquoi c'est toujours à moi de me laisser faire?
Pourquoi passé trente ans les femmes réalisent ce que les hommes réalisent à l'adolescence? Le sexe est bon pour le cœur, il fait oublier le monde entier pour un quart d'heure, une heure, une nuit ou si on est chanceux deux jours dans un spa luxueux suivi de bain de boue.
Le délire est bon pour l'esprit.
Fondamentalement, je suis voyeur. Je veux voir. Je ne veux pas toucher, goûter, pénétrer, je veux voir. Un décolleté est souvent meilleur que la baise qui suit. Les jambes qui se croisent et décroisent sous la jupe d'été sont trop souvent des promesses trop peu souvent tenues. Mais le regard ne trompe jamais. Sinon pourquoi tant de pornographie? Ce n'est sûrement pas parce que ça excite, voir une fille refaite se faire baiser par un mec déformé du zob n'a rien d'excitant, c'est être voyeur qui excite. On va au cinéma pour vivre des sensations par procuration, on regarde un porno pour baiser par procuration.
C'est pas normal de se retenir, y'a une raison pour l'attirance. C'est lorsqu'on se retient, qu'on attend, qu'on tente de justifier ses actes à venir derrière des sentiments fabriqués que tout dégringole et que la merde nous aveugle.
Ouvrez ce décolleté que de toute façon vous avez choisi pour dévoiler vos charmes. Ne faites pas l'indignée lorsqu'un regard s'y perd un instant. Et mesdames, ne soyez plus subtiles, regardez-le où vous voulez et rendez-lui la monnaie de sa pièce. Il reluque, reluquez. N'hésitez pas à lui demander de retirer son futal si la vue ne vous convient pas.
De toute façon ainsi est faite notre société : apparence, glamour, sensualité et sexualité exacerbée. Notre consommation est basée sur notre désir, les pros du marketing l'ont compris il y a longtemps. Ce que personne n'a compris, c'est qu'il faut aussi en profiter.
Je ne fais rien l'année prochaine, quelqu'un est intéressé?
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